Les blogs sont-ils dangereux pour la santé ?

Comme j’y vais avec mon titre racoleur. Les blogs sont-ils dangereux ? Est-ce bien une question sérieuse ? J’ai en tête cet article depuis plusieurs semaines ; plus j’y réfléchissais, plus je me disais en moi-même que ça allait être un sujet compliqué à aborder avec vous. Vous qui lisez des blogs. Vous qui écrivez peut-être sur le vôtre. Tabous sont ces sentiments que l’on aimerait ne pas expérimenter en parcourant un blog, et si l’on ouvrait la discussion sans masques ? Nous sommes capables de feindre l’indifférence sans pouvoir nous empêcher pour autant de ressentir cette frustration, cette envie, cette pointe de jalousie que l’on avouera jamais à personne car on aimerait être au-dessus de tout ça, être plus sage et plus philosophe. La bonne nouvelle ? C’est humain et ça se soigne.

A la fin du mois de novembre, je vous avais posé la question sur ma page Facebook, sur Twitter et Hellocoton : vous arrive-t-il de ressentir des sentiments négatifs à la lecture de blogs ? Vous avez été très nombreuses à répondre et vos commentaires m’ont permis d’avancer un peu plus dans ma réflexion avec des matériaux concrets.

Globalement, j’ai remarqué que les lectrices possédaient du bon sens et un certain recul (pas que ça m’étonne hein, mais c’est rassurant tout de même) : « La frustration peut venir si on choisit mal ses blogs » disait Laure ; « Je pense que l’on a pas à ressentir de sentiments négatifs devant un blog dans le sens où on est responsable de ce qu’on lit et de ce qu’on souhaite lire. Il faut que ca nous fasse plaisir. Si ce n’est pas le cas alors il faut en changer » renchérissait Justine ; et « L’uniformité parfois de certains blogs où tout le monde parle de la même chose parce que c’est à la mode : c’est fade, c’est froid…mais dans ces cas là, je ferme mon onglet et je passe à autre chose de plus intéressant ! » concluait Mary.

les blogs sont-ils dangereux pour la santéEffectivement, nous sommes responsables des liens sur lesquels nous cliquons, des articles que nous lisons mais parfois, c’est plus fort que nous… Dans cet article, je vous propose de faire un bref état des lieux de la relation lecteurs-blogs et blogueurs-blogs à la lumière de ma propre expérience (ce que j’ai pu ressentir, ce que j’ai entendu et vu lors d’événements dédiés aux blogueurs, ce que j’ai analysé modestement, etc.) et de vos retours suite à ma question. Je n’ai aucunement la prétention d’affirmer ici une vérité générale et comme à mon habitude, j’ai simplement envie d’ouvrir le débat intelligemment avec vous.

Le point de vue des lecteurs

Avant de créer mon blog, j’en lisais quelques uns découverts un peu par hasard ou en flânant dans la blogroll des unes et des autres. Je ne crois pas, à cette époque, avoir ressenti une quelconque forme d’envie ou de la jalousie – c’est venu avec la création de mon espace, j’y reviendrai. En probablement 5 ans, j’ai fait le ménage. Je continue de lire certaines avec plaisir, et d’aller de temps en temps sur le blog des autres pour avoir ma « minute affligeante » – bon après, si je vous dis que comme je suis community manager, je suis bien forcée de faire une veille générale, vous m’accordez que c’est une excuse valable ?

Certains disent que la blogosphère implose, que le retour de bâton se prépare à trop vouloir les uniformiser : les mêmes marques, les mêmes contenus à peu de choses près, sans jamais tenir compte ou presque des gens qui passent quelques minutes de leur journée à lire ce qui a été écrit, parfois simplement paraphrasé. Le problème c’est que vous, lecteurs, vous n’êtes qu’une entité abstraite, un mot. A quel moment devriez-vous être plus importants que ce montant de plusieurs centaines d’euros pour vous vanter la nouvelle pâte à tarte X, le tube de dentifrice Y, l’assurance maladie Z ? Je veux dire, ce n’est pas vous qui allez payer notre loyer à la fin du mois – ou notre énième paire de chaussures ? audience

Bon, je suis volontairement provocatrice. On a l’audience que l’on mérite et une audience que les marques diront qualifiée – à savoir, des humains avec des neurones connectés – ça se gagne lentement et durement ; je crois que ce n’est pas la première fois que je vous le dis mais est-ce que ça vaut le coup de la brader pour un projet mal ciblé ? Mais je m’égare, nous ne sommes pas là pour dresser le code d’honneur du blogueur. Revenons à vous, lecteurs.

A mes yeux, le principal problème d’un blog (pas tous évidemment, mais vous voyez de quoi je parle) c’est le pousse-à-la-consommation. Créer une envie qui n’était pas là et qui vous poussera à dépenser votre argent alors que ce n’était pas exactement prévu – et pas exactement utile non plus. Je plaide coupable car je ne suis pas la dernière à vous pousser à la consommation même si ce n’est jamais vraiment frontalement, je crois. Naît directement alors la frustration.insatisfaction

Même si elle est éphémère, elle nourrit un sentiment d’insatisfaction perpétuel : je serai tellement mieux avec ce nouveau manteau, tiens et si j’achetais cette bougie alors que j’en ai déjà 3 de commencées et non terminées, tous les pays qu’elle visite elle en un an, je n’aurais probablement jamais de toute une vie et de tout un PEL pour les explorer aussi, punaise moi mon appart il n’est pas aussi lumineux et bien décoré, elle a une peau de rêve, je vais moi aussi acheter cette crème miraculeuse, en plus son mariage l’année dernière avait l’air absolument parfait […]

Bienvenue dans un monde fabuleux où l’on passe son temps à se comparer aux autres ! A estimer s’ils réussissent mieux que nous, s’ils sont plus beaux, plus minces, plus sportifs, si tout paraît leur sourire alors que nous, ce n’est pas la même histoire. Dans le cadre d’un blog, plus on s’identifie à son auteur(e), plus on a de risques de tomber dans le piège de la comparaison. Mais sachez une chose – que vous savez déjà au fond : ces impressions sont biaisées. Tout le monde a son lot de soucis, et un blog n’est rien d’autre qu’une représentation. On fabrique un personnage qui nous ressemble mais ce n’est pas nous. partage

La mise en scène fait de plus en plus partie de la culture web, il n’y a qu’à suivre les comptes populaires Instagram. Garance avait d’ailleurs publié un article criant de vérité à ce sujet : Instagram vs. Real Life. On se construit une vie parfaite en prenant quelques brides de réalité parce qu’on a pas envie de vous dire que là, quelques heures plus tôt, on avait chialé toutes les larmes de notre corps pour X raisons, et qu’on était minable – même si ça ferait du bien de temps en temps d’ouvrir les vannes, on choisit scrupuleusement ce que l’on partage et surtout, ce que l’on ne partage pas. Et c’est bien normal.

Aux blogueurs de ne pas en faire trop, aux lecteurs de faire le tri, comme Laure, Justine et Mary le suggéraient. C’est pour les plus jeunes que je m’inquiète un peu – comme une vieille conne. Au collège, au lycée, on a tous eu envie de faire partie de la bande cool et populaire (je ne sais pas vous mais moi, au collège surtout, j’étais celle à qui l’on jetait des chewing-gum dans les cheveux et que l’on faisait tomber par terre en tirant sa chaise ; avant que je pète un plomb et claque littéralement la tête de celle pour qui j’étais le bouc-émissaire contre une paillasse en salle de biologie, bref digressions ma passion) et avec les réseaux sociaux, j’ai bien l’impression que la course à la popularité est plus que jamais omniprésente. Et comme une vieille conne qui est à deux doigts de dire « c’était mieux avant », je suis heureuse d’avoir vécu mon adolescence avant Facebook, Twitter et compagnie.

Le point de vue des blogueurs

« Tu ne peux pas t’empêcher de te dire que certaines marques font mal leur boulot. Pourquoi choisir unetelle qui n’en a rien à carrer de la bouffe bio et du mode de vie slow pour tester et parler d’un concept eco-friendly ? » Des questions comme ça, les blogueurs s’en posent souvent : pourquoi lui et pas moi ? Pourquoi est-il plus légitime ? Parce qu’il a 100 K d’abonnés sur Instagram ? Pff, je suis sûr qu’il les as achetés de toute façon. Si vous culpabilisiez de ressentir un peu d’envie à la lecture d’un blog, dites-vous qu’entre blogueurs, c’est pire. Et que le premier [blogueur] qui n’a jamais fait la moindre réflexion de ce genre de sa vie me jette la première pierre.

Je vomis littéralement le concept (enfin, ça n’en est pas vraiment un, je dis concept pour faire sérieux et intello) de la légitimité par l’audience. Combien de visiteurs uniques par mois ? Combien de vues sur tes vidéos ? Combien de followers sur Twitter ? Combien, combien, combien. Parfois, on s’en fiche que tu proposes des DIY pourris avec des boîtes de conserve et du masking tape tant que tu as de bons gros chiffres à montrer aux annonceurs. La médiocrité paye tant que tu es suivi : pourquoi faire du qualitatif quand on peut faire du quantitatif ?valeur

Ça ne veut évidemment pas dire que tous les blogueurs populaires sont médiocres et vendent de la poudre de perlimpinpin qu’ils te jettent aux yeux mais dans ce contexte, difficile de ne pas se sentir frustré. Beaucoup de marques et d’agences estiment ta valeur en fonction de ton audience et de chiffres sur les réseaux sociaux. Il y a un an et demi, on m’avait d’ailleurs répondu : ton blog est bien, les photos sont belles et le contenu bien rédigé mais… désolé, tu ne rapporteras pas assez. C’était dit avec diplomatie, des petites fleurs et des licornes mais la sanction était tombée : reviens quand tu pourras te vanter d’avoir 8 000 visiteurs uniques par jour.

Sur le moment, ça te paralyse. Ton ego en prend un coup. Tu finis par relativiser et passer à autre chose mais tu finis aussi par imprimer que pour susciter de l’intérêt, il te faut des gros chiffres. Heureusement, ce n’est pas systématiquement vrai. Toutes les marques ne sont pas obsédées par ça ; et je vais même vous dire que, souvent, un petit blogueur avec une belle communauté fidèle rapporte plus qu’un blogueur très suivi car il est un véritable leader d’opinions à son échelle. C’est donc une grossière erreur que de se fier aux seuls chiffres. grosse

Une erreur qui aboutit à la chasse aux followers, à la compétition perpétuelle, à l’aigreur et parfois, à la méchanceté gratuite. Il y a quelques temps, j’entendais deux blogueuses discuter entre elles : « Hey, je pars à Superland le mois prochain invitée par Superagence ! Ah, cool. Il y aura qui ? Bah euh Claudette, Mireille, Jean-René, et pff, un autre sorti de nulle part, genre il a 1500 abonnés sur Instagram, 3 commentaires sous ses articles, je ne comprends même pas qu’il soit invité sérieusement« . C’est à celui qui aura la plus grosse et qui pissera le plus loin pour dire les choses trivialement.

La blogosphère manque de plus en plus de légèreté par rapport à ça, au détriment d’une vraie relation de confiance blogueur-lecteur. On y revient : pourquoi blogue-t-on ? Pour être la plus désirable, la plus couverte de propositions et la plus populaire ? Ou simplement parce que l’on a des choses authentiques à partager ?

Oui, je jalouse un peu ma copine Juliette quand elle part en voyage-blog dans des endroits de rêve et je me demande pourquoi moi, on ne m’invite jamais – mais j’ai la politesse de ne pas le faire sur Twitter mais en moi-même, c’est toujours mieux. Oui, je suis dégoûtée un instant lorsqu’une marque que j’aime beaucoup propose des projets chouettes à une poignée de blogueuses et que je n’en fais pas partie. Et franchement, ça fait du bien de vous le dire (ça reste entre nous hein ? haha) mais je me remets vite les idées au clair avant de passer à autre chose et de continuer de m’investir dans mon blog avant tout parce que j’aime écrire.extension

Il ne faut pas perdre de vue ce qui est important : pourquoi on a commencé un blog ? Ne pas se perdre. Ne pas considérer son blog comme une extension de nous-mêmes, ne pas tourner en boucle, s’ouvrir à d’autres horizons, arrêter de se comparer, fermer son ordinateur pour sortir parler avec des gens qui ne lisent pas de blogs, se plonger dans un livre plusieurs heures et oublier le reste, vivre autrement que par le prisme du web ; tout couper régulièrement pour se retrouver et se concentrer à nouveau sur l’essentiel.

De l’importance de revenir à l’essentiel 

Et l’essentiel, c’est quoi ? C’est ne pas estimer sa vie (et sa réussite) en fonction de ce que l’on possède ou ne possède pas – la Rolex toussa. Un sac ne vous rendra jamais heureuse. 50 000 abonnés Instagram non plus. Pourquoi ne pas carrément couper vos statistiques comme l’a fait Marion, la community manager d’Hellocoton ? Elle le dit si bien : « Si une marque veut travailler avec moi, pourquoi pas si la marque me plait, et surtout si c’est mon univers qui lui plait plutôt que le nombre précis de mes stats« .butiner

Mettre les choses en perspective, réévaluer ce qui est important, faire un tri strict dans ce que vous lisez pour vous préserver, apprendre à créer sans avoir besoin de l’approbation et des témoignages positifs des autres (soyez égoïste et gardez de jolies choses rien que pour vous), aimez passer du temps avec vous-même loin des écrans, et ne pas croire que l’inspiration viendra en lisant uniquement d’autres blogs ; quand on a envie d’apporter quelque chose de différent, il faut aller butiner ailleurs, là où votre curiosité nous mène. modération

C’est tout cela qui fera de vous un être humain complet (= arrêter de penser que l’herbe est plus verte ailleurs) et sans doute plus heureux. C’est valable qu’on soit blogueur ou lecteur : les blogs, c’est formidable. Ils peuvent être stimulants, divertissants, drôles, sérieux, créatifs, passionnés, vrais, exotiques. C’est une petite bulle de savon dans notre quotidien. Les blogs ne sont pas dangereux pour la santé à condition qu’ils soient consommés avec modération. CQFD.

Piuu, merci Laëtitia, encore un article long comme le bras. Un sujet vaste et complexe puisqu’il touche à l’humain que l’on pourrait aborder de façons bien différentes. A votre tour de vous exprimer…

Comment percevez-vous les blogs que vous soyez lectrice ou blogueuse (ou les deux) ? Avez-vous déjà ressenti les sentiments négatifs décrits plus haut ? Vous sentez-vous oppressées (bon, c’est un bien grand mot) par la compétition inter-blogueurs et la chasse aux followers ?  Ou êtes-vous plus relax par rapport à ça ? Ou fiche-moi la paix, c’est le dernier jour de la semaine ?

Je vous souhaite un très beau vendredi, peut-être le dernier jour avant les vacances de Noël pour certaines d’entre vous (youpi), et un bon week-end :)

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pin It

Des idées cadeaux de Noël pour les hommes

,Je vous l’avais promise, voici ma sélection d’idées cadeaux de Noël pour les hommes qui est, vous le verrez, un peu moins « garnie » que celle pour les femmes. J’ai toujours beaucoup de mal à trouver quoi offrir à ceux qui m’entoure, à devancer leurs envies et à improviser. Dites-moi que vous aussi que je me sente un peu moins seule…

Dans cette sélection, j’ai eu un gros coup de coeur pour le kit Made in France qui contient notamment le DVD du reportage sur la vie de Benjamin, un jeune homme qui a décidé de vivre 100 % made in France pendant un an ; mais aussi des objets produits en France : 2 verres Duralex, un couteau Opinel, 2 brosses à dents de la Brosserie française, un cahier Papier Tigre, un stylo Bic ainsi qu’un guide du Made in France. Je trouve que c’est un cadeau qui a plein de sens pour ceux chez qui ça pourrait faire écho.

Je vous laisse découvrir le reste et vous souhaite plein de courage dans cette dernière ligne droite de la chasse aux cadeaux de Noël – ayé moi, j’ai presque tout ;)

Sélection cadeaux noël hommes 1

Sélection cadeaux noël hommes

  • Cardiofréquencemètre Polar – 45 €
  • Kit Made in France – 75 € (ce coffret permet le maintien de 330 emplois en France)
  • Portefeuille Herschel en tweed – 75 €
  • Essentiel de voyage East Dane – 99,97 €
  • Coffret tennis de table – 8,99 €
  • Cardigan Bizzbee – 45,90 €

Sélection cadeaux noël hommes 3

  • Coffret City Guide Wallpaper (Barcelone, Los Angeles, Bombay, Sydney et Rio de Janeiro)  – 32,88 € 
  • Chargeur rapide Pantone – 40 €
  • Adaptateur 4 en 1 – 20,83 €
  • Coffret Lush (contient une barre de massage, un exfoliant, un gel douche, un savon et un ethifrice) – 42,95 €
  • Raquettes de plage – 36 €
  • Montre Daniel Wellington – 186,84 €
  • Elixir hydratant pour barbe Mr. Natty – 15 €

Sélection cadeaux noël homme 4

  • Arbre en cèdre à parfum – 29,95 €
  • Confiture figue-cannelle-miel La chambre aux confitures – 8 €
  • Intégrale des saisons 1 à 4 Walking Dead – 65,99 €
  • Coffret Sabon – 39,50 € (- 10 % avec le code BLOGROYAL jusqu’au 21 décembre)
  • Coffret Deluxe Led Zeppelin – 88,95 € 
  • Diffuseur d’huiles essentielles lumineux (et qui fait de la brume madame !) – 24,85 €

J’espère que cette sélection vous a plu et je retrouve très vite sur le blog – vendredi si j’ai le temps de terminer l’article que je vous prépare. En attendant, je vous rappelle que vous avez jusqu’à ce soir pour remporter une jolie coque en bois Wood Stuck sur mon compte Instagram.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pin It