Dry January : mon bilan

Dry January

Avant de faire le bilan de mon Dry January, je voudrais porter un toast à moi-même pour avoir été (presque) au bout ! Presque car je n’ai pas su refuser un verre lors d’un déjeuner entre ami·es le week-end dernier et ça m’a fait relativiser la facilité avec laquelle j’ai réussi à ne pas boire un mois entier – les invitations se font rares par le Covid qui court.

Si cette année j’ai décidé de me lancer ce défi, c’est parce que de mauvaises habitudes se sont installées pendant le premier confinement. Un verre qui réconforte tous les soirs, la douce ivresse qui exalte une énième soirée confinée. L’alcool est entré dans mon quotidien drapé d’hédonisme. On s’en méfie moins quand on l’accueil comme un plaisir pas différent des autres – ah ce petit vin avec un bon dîner, oh j’adore le Primitivo et c’est si rare d’en trouver. Quand j’ai remarqué qu’il devenait une récompense après une journée nulle, le signal d’alerte a retenti dans ma tête.

Dry January ou faire le point sur sa consommation d’alcool

Ce Dry January m’a permis de réaliser que je pouvais facilement me passer d’alcool – il fallait que je me rassure à ce sujet. Au début j’en avais envie mais au bout de dix jours, j’ai perdu le réflexe d’y penser en fin de journée. La ginger beer a remplacé le verre de vin à l’apéro et je suis arrivée au bout du challenge sans ressentir ni manque ni frustration. Mais je n’ai pas expérimenté la pression sociale et l’offre sans alcool inexistante des bars, je n’ai pas dû apprendre à dire non en commandant un Perrier citron. C’était plus simple dans ce contexte mais dans la mesure où j’ai augmenté ma consommation précisément à cause du contexte, le bilan est positif.

Ceci étant dit, certains repas m’ont parfois fait dire : ça avec un *citez l’un de vos vins préférés* ce serait encore meilleur ! Il y a quelques années, une phrase pareille ne serait jamais sortie de ma bouche car je ne buvais pas – je me forçais même pour ne pas sembler bizarre aux yeux des autres. Ce n’est que récemment que j’ai appris à déguster des bons vins et à aimer retrouver mes amies autour de cocktails alcoolisés alors que j’étais de celles qui commandaient des Virgin Mojito, très bons au demeurant.

Découvrir de nouvelles saveurs qui peuvent s’accorder avec ce que j’ai dans mon assiette m’a fait basculer du côté des gens qui s’étonnent que d’autres ne boivent pas. Je ne l’avais pas vu venir mais je me félicite de veiller à ne pas banaliser ma consommation d’alcool. Désormais, je veux la réserver au week-end pour continuer d’apprécier son caractère exceptionnel et c’est une résolution que je n’aurais peut-être pas prise sans l’impulsion du Dry January. Et comme avec les biscuits et autres sucreries ; si je sais qu’il y a du vin dans mes placards, je vais avoir envie d’en boire alors j’en achèterai une semaine sur deux – faut pas que j’ai une cave à vin un jour punaise.

Quels bénéfices après un mois sans alcool ?

Certain·es d’entre vous m’ont parlé de bienfaits sur la santé tels qu’une qualité de sommeil améliorée, moins de difficulté à se lever, une plus jolie peau, une meilleure digestion et globalement plus d’énergie. Cela n’a pas été flagrant de mon côté même si j’ai remarqué que je m’endormais un peu plus vite et qu’en janvier, je n’ai eu aucun syndrome prémenstruel à ma plus grande surprise ! Difficile d’attribuer cet exploit au Dry January mais c’était appréciable de ne pas accueillir le sang dans la mauvaise humeur et les larmes.

Le bénéfice est surtout mental : me libérer d’un automatisme qui commençait à s’installer, trouver de meilleures soupapes pour mon bien-être et des alternatives pour l’apéro – comment ai-je pu attendre aussi longtemps pour goûter la ginger beer ? Je renouvellerai l’expérience quand notre vie sociale reprendra, je voudrais me confronter aux sollicitations extérieures pour m’assurer que je sais aussi refuser un verre en terrasse.

Consommation d’alcool : où placer le curseur ?

Les recommandations de Santé publique France en matière de consommation sont deux verres par jour, pas tous les jours – dix verres standards hebdomadaires. Dans notre pays, où l’alcool est synonyme de convivialité et où l’on voit d’un mauvais œil les gens qui ne boivent pas, on ne sait pas toujours où placer le curseur.

Les lobbies viticoles notamment font pression sur le gouvernement afin que des initiatives similaires au Dry January ne soient pas promues à l’échelle nationale par le ministère des Solidarités et de la Santé. Ils taxent les associations d’hygiénistes moralisatrices pour préserver leur secteur économique alors que la consommation d’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac. C’est encore plus vrai pour les hommes qui sont davantage socialisés que les femmes à boire.

Bien-sûr, il ne s’agit pas de bannir les verres qui font plaisir mais plutôt de rester vigilant·e pour sa santé à la fois physique et mentale. Peut-être que pour commencer, on pourrait parler de nos consommations, moins les systématiser, cesser de moquer leur absence et ne plus stigmatiser les alcoolo-dépendants – ce qui a pour effet de verrouiller la parole ? Et pourquoi pas, faire des pauses quelques semaines par an ?

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5 commentaires

  1. Avatar

    Agathe

    On l’avait l’année dernière (à vrai dire j’ai fait un bon paquet de mois sans alcool avant ça avec une grossesse + un allaitement…). Et à deux c’est plus simple.
    Ici on est clairement amateurs de vin mais on n’en bois pas toutes les semaines (enfin un peu en ce moment on vide nos stocks avant de déménager… Dans une maison avec vraie cave!). Mais c’est l’apero du week-end, nous 3, qui est une habitude que j’ai prise jeune (sans alcool à l’époque hein !). Au final je suis plus accro au côté gras de l’apero qu’à l’alcool que je remplace facilement par du kéfir, ou du kombucha.

    • Laëtitia

      LaëtitiaAutrice

      Merci Agathe pour ton partage d’expérience ! C’est vrai qu’à deux c’est plus simple, j’ai embarqué avec moi mon copain et comme toi, ça ne nous a pas tant manqué à l’apéro. Plus avec certains repas mais dans la mesure où nous n’avions pas de bouteilles à portée de main, c’était plus facile de chasser l’idée de notre esprit – je suis pas sûre qu’avec une cave ça aurait été aussi évident *petit singe qui se cache les yeux*

  2. Avatar

    Mélanie

    Bravo pour ce challenge ! Et encore plus d’oser en parler ouvertement dans une société où on questionne parfois plus la non-consommation d’alcool que sa surconsommation… (dans la vie de tous les jours j’entends, entre amis, collègues, etc.).
    Pour ma part, j’ai accepté officiellement d’être la fille ennuyeuse qui ne sait pas s’amuser quand je me suis installée à Lille il y a quelques années. Dans mon groupe d’amis, on avait l’habitude de se retrouver en terrasse plusieurs soirs par semaine et de boire bien plus qu’une pinte. Autant dire que j’ai vite compris que je ne pourrais jamais suivre ce rythme ! Comme je n’ai jamais trop aimé la bière ni beaucoup tenu l’alcool, et qu’en plus de ça j’étais déjà la seule à ne pas fumer (donc déjà pas très marrante à la base ^^ »), je me suis dit que c’était idiot de ne refuser aucun verre juste pour faire plaisir aux autres. Pas facile de dire non au début… Mais au final, ils ont vite pris l’habitude de me voir commander un Coca et cessé de me demander systématiquement si j’étais enceinte… (no comment, hein). Et depuis, je me fiche complètement de ce que peuvent penser les autres (au contraire, ça m’agace énormément qu’on veuille me « forcer » à boire).

    • Laëtitia

      LaëtitiaAutrice

      Merci Mélanie pour ton commentaire ! C’est terrible que l’on ne se sente pas fun si l’on ne boit pas (ou fume pas mais c’est encore un autre sujet) alors que ça devrait juste être… normal !