Réflexions

Mon cheminement féministe

8 mars 2019

Je profite de la Journée internationale des droits des femmes pour vous parler de mon cheminement féministe. Cet article, j’ai envie de l’écrire depuis plusieurs mois car je constate régulièrement à quel point le féminisme est encore un gros mot, que peu de femmes osent se revendiquer féministes et que nombreuses sont celles qui trouvent que c’est un mouvement extrémiste.

Difficile de les blâmer car j’ai moi-même pensé que le féminisme était un radicalisme et que toutes ces femmes en colère desservaient leur cause.

Le croyais-je vraiment ou n’étais-je pas en train de véhiculer des idées qui n’étaient pas les miennes ? Pourtant, dès ma première année d’études, je me suis intéressée à la question du genre. Après mon bac, j’ai étudié à Paris 8 en Arts du spectacle et j’ai abandonné au bout d’un semestre, flippée par la perspective de devenir une intermittente précaire. A la fin de l’année, je me suis réorientée en Lettres et j’ai envisagé quelques semaines de poursuivre après la licence en master Etudes sur le genre.

Evidemment, ce fut une passade parmi tant d’autres mais a posteriori, je constate que j’avais déjà une sensibilité féministe qui ne m’a pourtant pas empêchée de tenir des propos sexistes, d’être parfois misogyne et de ne pas voir les violences systémiques du patriarcat.

Alors, qu’est-ce qui a changé pour qu’aujourd’hui je sois devenue féministe et n’ai pas honte de le dire ? Pourquoi désormais cette lutte m’anime plus qu’aucune autre ?

C’est ce que je vais tenter de vous expliquer dans cet article qui restera dans son ensemble personnel. Ne vous attendez pas à y lire une histoire des différents courants féministes ou y trouver des réponses clés en main pour répondre à celleux qui s’obstinent à penser que le féminisme c’est radical. Je ne suis pas spécialiste mais je crois être une personne plutôt honnête intellectuellement ; ma réflexion féministe évolue au fil des mes lectures, je suis ouverte à la discussion et surtout, je n’oublie pas que j’ai moi aussi eu des idées préconçues qui me brouillaient la vue.

Féminisme : il n’y a pas plus aveugle que celle qui ne veut pas voir

Pendant ma licence de Lettres, j’ai lu beaucoup de femmes. D’abord Colette dont l’histoire me fascinait, Simone de Beauvoir que je trouvais si forte, Virginia Woolf qui m’a aidée à tenir tête à celui qui contrôlait ma vie à cette époque-là et d’autres que j’ai découvertes grâce à des professeures. J’ai suivi tous les TD de la plus féministe d’entre elles, elle m’a fait lire Irène Némirovsky, Charlotte Delbo, et surtout Svetlana Alexievitch qui a écrit La guerre n’a pas un visage de femme.

Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé la dissertation que j’avais rédigée dans le cadre d’un cours sur la place des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il fallait commenter une phrase de Marguerite Yourcenar en s’appuyant sur la lecture du livre de Svetlana Alexievitch et celui d’Irène Némirovsky, Suite française : « La guerre fournit un espace de renouvellement des codes, des modèles dominants, où se fait jour une liberté paradoxale qui reste toutefois fragile et précaire. » et sans vouloir fanfaronner – quoique – j’ai eu 18. Je me suis relue et j’ai eu envie de serrer fort dans mes bras la jeune femme de 21 ans que j’étais tant je me suis trouvée pertinente sachant que pendant toutes mes études, je ne me suis jamais sentie à la hauteur du pseudo philosophe qui me servait de copain. 

En tournant la dernière page de la dissertation, je me suis demandée comment j’avais pu être aussi clairvoyante sur les oppressions que subissaient les femmes et vivre parallèlement une histoire avec un sale type qui considérait avoir tous les droits sur mon existence sans moufeter. Que se passait-il dans ma tête pour que je ne vois pas l’évidence ?

Croire que le combat féministe est déjà gagné

J’ai grandi dans une famille où la répartition des tâches était équitable, sans la figure du patriarche qui rentre du travail et n’a plus qu’à mettre les pieds sous la table pour avaler son dîner avant de s’affaler sur le canapé. Ma mère travaillait loin et rentrait tard, c’était donc mon père qui s’occupait de ma sœur et moi, et faisait à manger. Petite fille, je n’avais pas le sentiment que l’on m’empêchait de faire des choses à cause de mon sexe. Je me sentais plutôt libre, pas différemment traitée des garçons.

Quand je constatais que la situation des femmes avait été bien différente pour mes grands-mères, je me concentrais sur les changements emblématiques.

Après tout, on est désormais libre d’étudier, de travailler, d’avoir son propre compte en banque, on a la contraception et le droit d’avorter. Les choses ont évolué, on peut passer à autre chose non ? Toutes ces oppressions d’autrefois occultaient celles qui demeurent. En décidant de ne voir que les droits acquis pour libérer les femmes du destin tout tracé que fut celui de nos aïeules souvent cantonnées au rôle d’épouse et de mère, je ne mesurais pas l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir au-delà de la question de la parité, de l’égalité salariale et du harcèlement de rue.

Mon histoire pas si banale

Je ne peux pas parler de mon cheminement féministe sans parler de mon histoire que j’ai racontée plus longuement que je le ferai ici dans un épisode du podcast Entre nos lèvres. A 13 ans, j’ai été violée par un moniteur de colonie de vacances ; un viol que j’ai masqué en autre chose, niant presque l’avoir vécu – le fait de ne me souvenir de rien aidant. Je fais partie de ces statistiques qui ne sont peut-être pas représentatives car j’ai eu du mal à trouver des études qui s’accordaient sur les chiffres : 1 femme sur 26 a été violée au cours de sa vie et 3 femmes sur 5 le sont avant leur 18 ans.

Je trouvais que ce n’était grave. Persuadée de l’avoir cherché, rongée par la honte et la culpabilité, je n’y pensais pas.

Et puis, à 19 ans j’ai rencontré un pervers narcissique qui m’a rabaissée, humiliée, frappée et violée pendant 10 ans. Là encore, j’étais certaine que j’étais responsable de cette situation et que si elle devenait trop violente, je n’avais qu’à partir – pas plus compliqué que ça ! En restant, je consentais à me faire traiter comme un objet. Je ne sais pas où j’ai trouvé le courage de le quitter mais je l’ai fait même s’il a fallu sacrifier 10 années de ma vie. 10 années de gâchées que je ne pourrais jamais revivre et effacer, ça me donne envie de chialer.

Le féminisme comme thérapie

Après la rupture, je n’ai pas réalisé tout de suite l’ampleur de la violence de ce que j’avais vécu. En octobre 2017, quand le mouvement #MeToo a vu le jour sur les réseaux sociaux, j’ai compris ce que les féministes des années 60 et 70 clamaient : le privé est politique ! Mon cas n’était pas isolé, mon histoire malheureusement pas exceptionnelle.

Notre situation de femmes vivant dans des sociétés dominées par les hommes, considérées depuis des siècles comme des êtres inférieurs – pour ne pas dire des objets – nous pousse à accepter, encaisser, s’oublier et surtout se taire. Soudain, j’ai compris que si nous avions certes plus de droits que nos grands-mères, nous n’en restions pas moins victimes du patriarcat.

Le silence se brisait, il était temps que j’essaie de comprendre ma propre histoire pour me la réapproprier plutôt que d’essayer de simplement l’oublier.

Le féministe est alors devenu une sorte de thérapie pour m’aider à comprendre : pourquoi ai-je accepté de souffrir autant et de faire preuve d’une abnégation sans limites ? Pourquoi n’ai-je pas ressenti de colère après mon premier viol ni même au moment de quitter mon ex ? Pourquoi, alors même que j’ai grandi avec un modèle affectif plutôt sain et que j’étais une jeune fille plutôt intelligente, tout ça m’était arrivé ? Étais-je plus naïve et facilement manipulable que les autres ou victime à la fois de la malchance de tomber sur un tordu et victime du système patriarcal ?

L’inévitable et nécessaire colère

Parmi les stéréotypes récurrents de la féministe, l’image de l’enragée revient souvent. On nous demande d’être douces, bienveillantes, conciliantes sous peine d’être taxées d’hystériques au premier mot plus haut que l’autre. Comme les émotions seraient du côté du féminin – à part la colère, comme par hasard – et la raison du côté du masculin, on hésite pas à discréditer la parole des femmes dès que l’on y décèle la moindre agressivité, la moindre indignation. Et pourtant des raisons de s’indigner il y en a !

Comment rester calme face à ces chiffres : tous les 3 jours en France, 1 femme meurt des violences de son compagnon ou ex-compagnon ; dans le monde 1 femme sur 3 subit des violences physiques et/ou sexuelles d’un partenaire à un moment de sa vie et 80 % des femmes sont confrontées au sexisme au travail. Sans parler de la charge mentale, de la pression sur l’apparence, de la sexualité phallocentrée, du marketing genré et de tout ce que je ne peux pas détailler ici, la liste est bien trop longue. N’a-t-on pas le droit d’être furieuses ?

La colère est nécessaire parce qu’elle donne la force d’avancer et l’énergie pour faire changer les choses.

Comme le dit Anne-Charlotte Husson citée dans cet excellent article Ni hystériques, ni misandres : simplement en colère : « cette colère ne vise pas à ce qu’on lui réponde, elle vise surtout à être entendue […] Sans colère, pas de féminisme, pas de transformation sociale. D’ailleurs, les grands mouvements militants partent d’une colère personnelle dont on finit par comprendre qu’elle est politique. »

S’informer pour dépasser ses préjugés

Il y a une question que nous devrions toutes et tous nous poser avant de donner notre avis sur un sujet ou un autre : est-ce que ce que je pense, je le pense vraiment ou suis-je sur le point de balancer des lieux communs qui ne feront pas avancer la discussion ?

C’est encore plus vrai en ce qui concerne le féminisme car personne n’échappe à des automatismes de pensées héritées d’une éducation souvent genrée, des représentations stéréotypées des hommes et des femmes dans les médias et dans l’art, et d’une société qui définit comment doit être l’un et l’autre sexe pour correspondre à la norme – et ça rassure d’y correspondre, alors qu’en sortir c’est prendre le risque d’être différent-e et rejeté-e.

S’informer est une démarche à laquelle on ne peut se soustraire si l’on veut lutter contre le sexisme en soi.

Une expression anglaise que j’aime bien dit : the patriarchy ain’t gonna smash itself ! Le patriarcat ne va pas s’effondrer tout seul, et on peut difficilement vouloir la fin des violences sexistes et sexuelles, et une vraie égalité sans lire des œuvres féministes, écouter des personnes qui ont réfléchi à la question et surtout, se remettre en question qu’importe que l’on soit un homme ou une femme.

L’importance de la sororité

La sororité est un mot que je ne connaissais pas il y a encore un an ! Vous trouvez peut-être que l’on nous bassine avec mais pour moi il a une importance toute particulière. Nous vivons dans une compétition permanente entre femmes et je l’ai vécue de façon très brutale lorsque mon ex me comparait physiquement à celles qu’ils regardaient sur des sites porno ou avec lesquelles il couchait. Les comparaisons étaient d’une violence inouïe mais je reportais ma colère sur elles plutôt que sur lui. Je me sentais nulle et laide à la moindre jolie fille croisée.

J’ai compris que le patriarcat a tout intérêt à nous diviser.

Pendant que l’on se tire dans les pattes entre nous, occupées par une rivalité permanente qui pousse à se comparer et à nous juger, à travailler à être celle qui sera la plus belle et la meilleure, on ne s’attaque pas au vrai problème. Dans le même temps, l’entre-soi masculin continue de régner et on maintient le statut quo. La sororité est essentielle pour avancer, nous avons besoin de nous soutenir en s’écoutant et en se parlant, en ne voyant plus l’autre femme comme une menace et en respectant nos choix individuels.

Plus d’inclusivité avec l’intersectionnalité

L’intersectionnalité est une notion que j’ai découverte tout récemment. Quand on est blanche, hétérosexuelle, cisgenre (qui s’identifie à son genre), issue de la classe moyenne ou aisée, qui correspond aux normes physiques actuelles et qui n’a pas de handicap, on ne se rend pas toujours compte qu’il existe d’autres formes d’oppressions en plus de celle liée au sexe. Racisme, homophobie, transophobie, classisme, grossophobie, validisme viennent s’ajouter à la misogynie.

C’est la juriste afro-féministe Kimberlé Crenshaw qui a inventé le concept en 1989, il n’y a pas si longtemps en somme.

Lorsque je disais plus haut qu’il est indispensable de s’écouter les unes les autres, c’est d’autant plus vrai s’agissant des personnes qui sont différentes de nous et qui par conséquent vivent des situations que nous ne vivons pas – je vous conseille d’écouter l’épisode Comment être un-e bon-ne allié-e ? du podcast Kiffe ta race pour vous sensibiliser à la question. Il est nécessaire de s’entraîner à être la plus inclusive possible pour que le mouvement féministe soit le plus représentatif possible et lutter conjointement contre toutes les formes d’oppressions.

Si vous comprenez l’anglais, la YouTubeuse américaine Akilah Obviously explique l’intersectionnalité en parlant de pizza – plus didactique, tu peux pas. Compte tenu du fait que je commence à peine à m’intéresser à l’intersectionnalité, il se peut que j’ai oublié de mentionner certains points importants – ne m’en tenez pas rigueur, je rectifierais le tir si nécessaire – mais je tenais à vous en parler car c’est un concept encore assez méconnu et néanmoins incontournable dans le féminisme d’aujourd’hui.

Féminisme ne rime pas avec misandrie

Les féministes n’aiment pas les hommes et le terme féminisme les exclut, il faudrait plutôt parler d’anti-sexisme car eux aussi ils souffrent : c’est de loin la remarque que j’entends le plus souvent et qui – je dois vous l’avouer – me demande de prendre une profonde inspiration à chaque fois pour ne pas partir au quart de tour comme une féministe hystérique que je suis.

Pour ma part, je ne nie absolument pas le poids qui peut peser sur les épaules des hommes pour correspondre à la figure du mâle alpha qui a des gros muscles, la voix grave, plein de poils, un gros pénis, qui ne pleure pas et plaque sa meuf contre un mur pour lui faire l’amour tous les deux jours. Le podcast Les couilles sur la table démontre à chaque épisode à quel point le patriarcat enferme tous les sexes dans des cases de genres bien étriquées et je trouve très réjouissant que l’on débunke les stéréotypes sur la masculinité.

Cependant, les hommes hétérosexuels – de surcroît blancs et cisgenres – ont une position privilégiée dans la société. C’est un fait.

Le terme est aujourd’hui caricaturé mais il désigne une réalité et avoir un statut de privilégié ne nous rend coupable de rien – on ne l’a pas choisi – pour peu qu’on le reconnaisse et que l’on admette que la vie est plus simple quand on correspond à la norme majoritairement représentée. Dans toutes les catégories de la société, les femmes sont toujours largement plus oppressées que les hommes ; constamment invisibilisées, renvoyées à leur physique, victimes de violences sexistes et sexuelles, flippées dans l’espace public, reléguées à la sphère privée, plus précarisées, etc.

A mon sens, nous avons besoin d’alliés masculins pour faire avancer le féminisme. Si ces alliés potentiels sont rebutés par une question de sémantique et qu’ils ont l’impression que leur virilité va être mise à mal par le terme même du féminisme soi-disant excluant, je ne pense pas que l’on puisse compter sur eux. Certaines féministes ne veulent pas des hommes au sein du mouvement car certains ont du mal à prendre conscience de leurs privilèges, de leur position dominante traditionnelle qui leur donne naturellement – mais vous comprendrez qu’en réalité c’est culturellement construit – un sentiment de légitimité pour donner leur avis sur tout et même sur ce qui ne les concerne pas, tout en ayant l’impression d’être feminist-friendly.

C’est comme si moi, j’expliquais à une femme noire ou un homme homosexuel comment prendre la parole pour dénoncer les oppressions qu’iels subissent sans pouvoir faire l’expérience de leur situation puisque je suis blanche et hétérosexuelle. Alors non, le féminisme ce n’est pas de la misandrie et je suis persuadée que les hommes ont tout à gagner à être féministes pourvu qu’ils écoutent, comprennent, soutiennent et surtout, laissent la place.

J’aurais aimé vous parler d’autres points sur le féminisme et notamment de la délicate mais néanmoins essentielle question de notre propre soumission en tant que femmes mais je pense que ça mérite un article entièrement dédié lorsque j’aurais terminé le livre On ne naît pas soumise, on le devient de Manon Garcia. Par ailleurs, je sais que certaines d’entre vous m’avaient demandé une bibliographie et d’autres ressources pour s’informer sur le féminisme, je m’en occuperai également dans un article à part pour ne pas surcharger celui-ci qui est déjà assez long.

De tout cœur, j’espère que sa lecture aura été intéressante, peut-être propice à la réflexion et vous donnera envie de vous emparer du sujet car on a besoin d’un maximum de personnes, femmes et hommes, afin que les choses évoluent pour les femmes d’aujourd’hui et celles de demain. N’ayez pas peur de vous dire féministe, ça ne vous définit pas et ça ne vous catalogue que si vous accordez du crédit à ce que pensent les gens qui ne pensent pas.

Merci de m’avoir lue en ce 8 mars 2019 qui évidemment va être détourné à des fins marketing et nous proposer de profiter de cette journée pour faire un peu de shopping et s’offrir une manucure parce qu’après tout, qu’avons-nous besoin d’autre pour être heureuses, pas vrai les filles ? N’hésitez pas à raconter dans les commentaires votre propre cheminement féministe, j’ai hâte de vous lire à mon tour et d’échanger avec vous sur le sujet !

49 Comments

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    Reply Lucie MdMdA 8 mars 2019 at 10 h 20 min

    Merci pour cet article, Laëtitia. J’aimerais cependant répondre à un point qui me chiffonne c’est cette peur que l’on a du mot « radical ». Tout dans notre enseignement, dans les discours dominants, nous pousse à penser qu’être radical c’est pas bien. Si je regarde la définition de « radical » dans le dictionnaire (oui, j’aime bien faire ça), ça dit : « complet, total. qui vise à agir sur la cause profonde des effets qu’on veut modifier. drastique… » (dans le Petit Robert).
    Je suis féministe, je le revendique grâce à des féministes plus déconstruites que moi qui m’ont amenée à réfléchir beaucoup plus que je ne le faisais. Aujourd’hui je dis, sans la moindre honte, que je suis une féministe radicale. Parce que oui je veux la fin absolue des privilèges et du patriarcat. Je veux que les oppressions cessent. C’est radical. Avoir peur du mot radical c’est dire, à un groupe opprimé, « oui, oui, je comprends ton oppression, mais s’il te plaît on va y aller en douceur, pour ne pas brusquer tes oppresseurs ». Pour moi c’est ça la violence.
    Ce message n’a pas vocation à être désagréable, hein, j’espère simplement qu’il pourra t’amener à réfléchir sur cette question de la radicalité. :)

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      Reply N 8 mars 2019 at 13 h 33 min

      Ouah merci je n’avais pas d’arguments pour défendre la « radicalité » de mes idées, maintenant j’en ai !

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        Reply Lucie MdMdA 8 mars 2019 at 17 h 31 min

        Cool, du coup je suis contente d’avoir posté ce commentaire ! :D

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      Reply Irène 12 mars 2019 at 9 h 34 min

      Complètement d’accord, je suis radicale et je l’assume sereinement :)

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    Reply Azilis 8 mars 2019 at 10 h 43 min

    Merci pour cet article que je vais LARGEMENT partagé autour de moi !
    Bises Lætitia, et merci pour tes mots <3

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    Reply Pauline 8 mars 2019 at 11 h 37 min

    Mais quel bel article <3
    J'ai envie de te serrer très fort dans mes bras, bravo et merci !

    Je ne sais plus bien comment je suis devenue féministe, mais je sais que je me suis beaucoup construite en opposition à la féminité. Je ne me suis jamais épanouie dans le rôle genré qu'on m'assignait, je m'habillais mal, me maquillais mal, ne m'épilais pas, n'aimais pas faire les boutiques… alors cette frustration de ne pas faire partie du gang des cool girls, je l'ai facilement transformée en misogynie intériorisée. J'étais tellllement plus intelligente, plus intéressante, moi qui lisais des livres sans me soucier du regard des gens.
    Il a fallu que je me rapproche d'une amie très féminine, puis de ma soeur, tellement à l'opposé de moi (populaire, jolie, apprêtée, douée en amour) pour comprendre que je n'avais aucun intérêt à me faire l'ennemie des femmes. Et puis j'ai rencontré des féministes radicales sur Twitter, qui sont maintenant mes meilleures copines. The rest is history!

    Je suis tellement heureuse qu'on soit de plus en plus à prendre la parole sur le sujet. Vive le féminisme, la sororité, et vive les meufs putain <3

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    Reply Any 8 mars 2019 at 12 h 17 min

    Merci pour ce très bel article, on sent effectivement que tu y as passé beaucoup de temps car il est très clair (ce qui n’était pas évident vu le sujet !).
    Je trouve en particulier très éclairant ton retour sur le ‘paradoxe’ apparent entre l’histoire que tu as vécue et le point de vue féministe que tu défends, car je trouve qu’il démontre bien la complexité du sujet : nous sommes tellement ancré( e)s dans le système patriarcal que nous en venons à intégrer des choses qui peuvent nous paraître aberrantes intellectuellement (pour peu qu’on parvienne à les intellectualiser, ce qui est un long chemin).
    Ce contraste m’avait déjà marquée à l’écoute de ton interview, et je trouve ça vraiment important que tu aies choisi de partager cette histoire car en montrant que ce n’est pas parce qu’on est une fille intelligente, cultivée et féministe qu’on ne peut pas se retrouver dans une relation toxique, tu as peut-être ouvert une porte pour celles qui se trouvent dans une situation similaire (i.e ce n’est pas parce qu’on est dans une relation toxique, et éventuellement qu’on a du mal à en sortir, que cela signifie qu’on est idiote, il est temps de reconnaître que les coupables ne sont pas les victimes).
    Pour revenir davantage au sujet, je trouve intéressant de constater que la plupart des féministes d’aujourd’hui ne voyaient pas du tout l’intérêt de ces revendications hier (j’en fais largement partie). La prise de conscience nécessite pas mal de déconstruction, à laquelle des lectures éclairées participent grandement. Je trouve seulement dommage que pour l’instant ce type d’ouvrages n’intéresse pas trop les hommes (vivraient-ils dans une société dont la moitié de la population ne les intéresse pas vraiment ? Ah, on me dit que oui…), qui pour la plupart restent encore au ‘maintenant que vous avez en théorie à peu près les mêmes droits (ça fait pas mal d’approximations déjà), on ne voit pas très bien où est le problème’. Mais beaucoup de femmes ne sont pas en reste non plus, et c’est pour ces raisons que ce type d’article est important à diffuser ! Surtout quand ils sont à la fois affirmés et sans jugement comme ici !

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    Reply Manon 8 mars 2019 at 13 h 30 min

    Super article! Très complet. Je suis féministe et je le dis mais c’est vrai que j’ai du caractère et ce n’est peut être pas simple pour tous.
    Le concept de Sororité me parle beaucoup, je suis entièrement d’accord et je pense qu’en mûrissant je n’ai plus de jalousies envers certaines femmes, je m’en inspire!
    Le plus difficile dans le féminisme je trouve que c’est de rallier les hommes à la cause :)
    Bonne journée !

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    Reply N 8 mars 2019 at 13 h 31 min

    Oooh le lien qui mène à place des libraires et non à a****n
    Bravo pour ce geste qui doit pourtant couter financièrement !
    (Et par ailleurs merci pour cet article plein de clareté et de pertinence !)

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    Reply Charlotte_XXIYoga 8 mars 2019 at 13 h 57 min

    Merci beaucoup pour cet article! Je commence tout juste à m’intéresser au féminisme (je suis en train de lire « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » – il me semble que c’est sur ton instagram que j’avais vu la reco?) et c’est une REVELATION ^^ Il faut dire que je rencontre de plus en plus de situations sexistes et révoltantes notamment au travail et je suis de plus en plus en colère contre ces inégalités. Je suis très intéressée par un article sur tes ressources (livres ou autres) pour me construire un regard encore plus critique et avoir des arguments ;)

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    Reply Alizee 8 mars 2019 at 14 h 40 min

    Merci pour cet article passionnant ! Sacré chemin que tu as parcouru et sur lequel tu continue à marcher !
    C’est à la naissance de mon petit garçon que j’ai commencé à m’intéresser au féminisme, dans le but de l’élever dans un environnement lui permettant de s’affranchir des stéréotypes de genre… ton article livre de bonnes idées de réflexion alors merci !

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    Reply Irène 8 mars 2019 at 14 h 41 min

    Tu es tellement forte, j’ai beaucoup d’admiration en te lisant ! Et ton article est vraiment limpide et fort, j’espère qu’il sera lu par plein de femmes

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    Reply Leslie - Tache de Rousseur 8 mars 2019 at 15 h 12 min

    Hello, je viens d’écouter le podcast, je n’avais pas conscience que tu avais vécu tout ça. J’ai souvent eu les larmes aux yeux en t’écoutant, je te trouve extrêmement courageuse d’avoir fini par raconté ton histoire.
    Pour en revenir au féminisme, si je n’y ai personnellement toujours vu que du positif, je suis d’accord avec toi concernant la sororité. On se tire souvent trop dans les pattes, on s’enferme dans nos préjugés. Merci pour tout ce que tu postes sur le sujet, <3

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      Reply Leslie - Tache de Rousseur 8 mars 2019 at 15 h 38 min

      Je suis en train de terminer le même podcast. J’ai aussi rencontré mon amoureux actuel sur Tinder, alors que je pensais quitter l’application. On est aujourd’hui très heureux, par la force des choses on a vécu ensemble après 3 semaines seulement, ça fait aujourd’hui 1 an et demi quasiment. Vive les garçons ouverts qui nous aiment tel qu’on est <3 Lui et moi on se dit aussi très souvent qu'on a énormément de chance de s'être rencontrés, dans cet océan de profils qu'est Tinder.
      Voilà, encore merci pour tous tes témoignages et je suis très heureuse que tu le sois enfin !

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    Reply Theodora 8 mars 2019 at 15 h 16 min

    Bravo pour ce magnifique article, que je vais m’empresser de faire lire à quelques personnes de mon entourage.

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    Reply Gwen 8 mars 2019 at 15 h 21 min

    Superbe article, très inspirant et enrichissant :)
    Le féminisme est une question qui éveille bcp ma curiosité depuis quelques temps, j’apprends au fur et à mesure, à me poser des questions et à poser un regard différent :)
    J’attends avec impatience ton article sur les références bibliographiques !

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    Reply Nadège 8 mars 2019 at 16 h 20 min

    Merci d’avoir révélé le paradoxe d’avoir été élevée dans des conditions dans lesquelles tu te sentais libre et d’avoir été en couple avec un homme qui te traitait comme sa chose.
    Être féministe c’est se battre pour revendiquer le respect, de ne pas être assimilée à un objet qui peut être possédé du fait de notre sexe.
    Certains combats ont été gagnés comme le droit à l’avortement mais les mentalités n’ont malheureusement pas assez vite évoluées.
    Nous baignons toujours dans la culture de la comparaison aux autres femmes .
    Or, le féminisme permet de de se rassembler, de s’accepter telles qu’elles avec nos diversités et de se battre pour être chacune d’entre nous respectées.

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    Reply Mila 8 mars 2019 at 16 h 57 min

    Cet article est à diffuser car il ouvre des portes à différents niveaux, que l‘on commence tout juste à s‘intéresser au sujet, que l’on soit déjà un.e féministe convaincu.e ou simplement curieux.se. Tu poses les choses, il n‘y a plus qu‘à laisser infuser… et chaque lecteur.rice pourra faire un pas de plus sur son propre chemin. En tant que blanche, hétérosexuelle, avec des parents qui m‘ont toujours dit que les femmes et les hommes étaient égaux et que je ferai ce que je veux de ma vie, je suis une privilégiée et consciente de l’être, bien que le monde du travail m‘ait mis quelques bâtons dans les roues, je ne vis pas chez les Binounours tout de même! J‘aimerais tant que l‘on ait tous.tes la chance de pouvoir faire ce que l‘on veut dans le respect des autres, qui que l’on soit. Voilà pourquoi je suis sur ce chemin féministe moi aussi. Merci Laetitia, comme toujours, c‘est #contretouteslesoppressions

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    Reply Mila 8 mars 2019 at 17 h 18 min

    * Comme toujours, c‘est „3 pouces levés“, ils ont disparu lors de l‘envoi :(
    Pour ta plume, ton raisonnement et ton engagement, il en fallait au moins 3 ;)

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    Reply Dutrey 8 mars 2019 at 17 h 35 min

    Quel bel article qui m’a encore plus ouvert les yeux. À 62 ans j’ai vraiment appris beaucoup de choses. Merci Mariette

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    Reply Marion 8 mars 2019 at 19 h 33 min

    Merci Laëtitia pour cet article ! Clair et limpide, il invite à la réflexion ! Voilà maintenant plusieurs années que je me revendique féministe en acceptant à 100% ce mot. Le déclic ? Le discours il y a quelques années d’Emma Watson à l’ONU pour la campagne HeforShe. J’avais déjà des valeurs féministes à l’époque mais je trouvais que le terme même écartait les hommes et comme je pronais l’égalité je ne m’y retrouvais pas. Il a simplement fallu qu’elle rappelle la définition même du mot pour que tout s’éclaire et se connecte. Je suis une féministe et les hommes aussi peuvent (et devraient!) l’être. Depuis j’essaye de faire grandir ma réflexion tout d’abord en étant celle que j’ai envie d’être :) et de plus en plus maintenant, en lisant pour déconstruire ces petits riens insidieux qui font tout de même blocage et surtout m’alimenter en arguments pour contrer les remarques sexistes, mysogines et j’en passe. Bref, tu donnes matière à réfléchir alors merci pour ça ! Hâte de lire tes prochains articles sur le sujet.

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    Reply Fiona 8 mars 2019 at 21 h 45 min

    Un très grand merci pour ton article complet dans lequel je me retrouve beaucoup. Personnellement c’est quand j’ai appris que j’étais enceinte d’une petite fille que mon filtre culturel et éducatif/societal a sauté et que j’ai réalisé le problème. Et si je voulais que ma fille soit dans un monde meilleur il fallait que je bosse ma propre vision du monde!

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    Reply Maïa Chä 8 mars 2019 at 22 h 09 min

    J’ai beaucoup de mal à dire “je suis..”. Donc je ne sais pas si je suis vraiment féministe (mais en réalité, bien sûr que oui!! Mais comme tu le dis si bien au début de ton article, c’est difficile de l’admettre pour l’image qu’on se fait des Féministes. C’est nul! Et merci pour ton cheminement. Grâce à lui, je dirais enfin “oui, je suis féministe”). De mon côté, je pense que ça a commencé toute petite… ma famille est pleine de garçons, J’ai toujours traîné qu’avec des mecs et je ne comprenais pas pourquoi, dans tout, on sépare les femmes des garçons. 2 groupes bien distincts.
    J’ai toujours voulu être un mec… je me suis donc toujours battue pour “être un mec”. Au même niveau qu’eux, que ça soit en primaire, au collège, au lycée… après ca a changé… je me suis rendue compte que c’était vraiment nul les mecs (heureusement il en reste quelques uns de bien) et j’ai commencé à me battre (enfin) pour les femmes.
    J’aimerai faire plus. Et comme toi, je suis tombée sous le charme de ce joli mot “sororité”.
    Tellement de chose à dire…

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    Reply Zoé 9 mars 2019 at 4 h 33 min

    Merci pour ton article touchant et éclairant. Je me reconnais dans ce que tu évoqués, le côté Bad Feminist qui découvre qu’elle a plongé la tête la première dans le piège de la compétition féminine tendu par le patriarcat pour nous faire oublier que le véritable problème est ailleurs. Mais une fois que l’on a enfilé les lunettes qui nous révèlent le sexisme et d’autres fomes d’oppression, comme disait Lauren Bastide, il n’y a pas de retour en arrière. On ne peut que s’ouvrir, et je trouve très intéressant que tu parles d’intersectionnalité :) Merci mille fois pour ce bel article !

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    Reply Sarah, Les Jolis Mondes 9 mars 2019 at 7 h 15 min

    Merci pour ce bel article complet Laetitia ! Il y a beaucoup de choses que j’aurais pu écrire aussi. Merci pour la vidéo d’Alilah Obviously, je ne la connaissais pas et je vais m’en servir comme support avec mes étudiants en cours d’anglais, on va commencer un chapitre sur le féminisme justement donc je l’ajoute à ma liste de choses à leur faire voir et lire. Je me retrouve totalement dans l’idée du féminisme comme thérapie. Il me permet de me reconstruire après le harcèlement moral et sexuel que j’ai subi pendant 5 ans à la Sorbonne. Je suis tellement plus forte de toutes mes lectures et réflexions ! J’ai témoigné à l’ecrit contre le harceleur l’année dernière et à l’oral en février, dans le cadre d’une procédure interne à l’université. J’ai rassemblé des témoignages, accompagné les autres victimes, le tout en étant suivie par une psychologue. Je tente de comprendre et d’accepter mes propres soumissions. Je réfléchis à la façon dont j’élève ma fille, j’espère contribuer à faire d’elle une femme libre, qui aime et valorise son corps, qui connaît et respecte la puissance du consentement, pour moi comme pour les autres. Et puis il y a ma thèse, que je me réapproprie en ce moment, en ayant choisi de travailler avec une directrice spécialiste de l’histoire des femmes et en remettant les femmes noires au cœur de mon sujet (intersectionalité bonjour).
    Merci encore également pour ton témoignage dans Entre nos lèvres, il était éclairant et glaçant. Quel courage d’avoir pu parler de tout cela, et de l’avoir fait aussi bien.
    À très vite !
    Sarah

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    Reply Sarah, Les Jolis Mondes 9 mars 2019 at 7 h 17 min

    pour elle* comme pour les autres, bien sûr (ah les lapsus !)

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    Reply Louise 9 mars 2019 at 11 h 35 min

    Une fois de plus, merci Laëtitia pour cet article plus que complet et positif; tu arrives toujours à faire passer des messages instructifs et pertinents dans tes articles et tu peux en être fière.
    Le féminisme, que j’ai longtemps considéré comme un gros mot difficile à assumer (comme au tout début de mon végétarisme, où je me réfugiais derrière un « j’aime pas la viande » au lieu de dire haut et fort que je refusais de faire souffrir des être vivants), est arrivé dans ma vie progressivement. Je me suis toujours considérée comme une fille puis une femme forte, qui ne devait rien aux hommes, mais ce que je n’avais pas remarqué, c’était que le patriarcat avait distillé son poison et que j’avais intériorisé la misogynie sans même m’en rendre compte: à l’adolescence, et pendant un moment, je n’avais que des amis mecs, et j’étais plutôt fière d’être « la meuf cool ». Ça n’aurait rien pu avoir de négatif si à côté de ça je n’avais pas porté de jugement (jalousie et mauvaise foi) envers d’autres femmes, plus (insère ce que tu veux) belles, grandes, talentueuses, libérées, artistiques, minces que moi. C’était pas malin, hein?
    Mais petit à petit, en grandissant, j’ai réussi à me défaire de ces sentiments néfastes et depuis 5 – 6 ans, je m’assume complètement féministe! Je n’ai pas forcément le bon vocabulaire sociologique pour en parler, et il y a toujours de nouvelles notions à s’approprier (comme l’intersectionnalité ou la notion d’alliée dont tu parlais), mais il n’y aura aucun retour sur ce chemin, tellement important et vital pour notre monde.
    Alors encore merci pour tes mots, d’avoir partagé ton parcours et vive la sororité ♥

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    Reply Aude 9 mars 2019 at 14 h 07 min

    Bonjour Laetitia,

    Merci pour cet article, extrêmement bien écrit et qui comme toujours lorsque tu évoques des sujets de fond, va en profondeur des choses, essayant de décortiquer les différents points de vue.

    Je ne me suis jamais considérée comme féministe dans le sens militant du terme. A part le livre « en avant toutes » sur les femmes au travail de Sheryl Sandberg (numero 2 de Facebook), je n’ai jamais lu d’ouvrages sur le sujet. Ce n’est pas une cause qui vibre en moi comme pourrait l’être la protection de l’environnement par exemple ou la condition animale.
    Je ne dirais pas que je n’ai jamais été confrontée à la domination d’un homme. Je l’ai été tout comme certaines de mes amies l’ont été.
    Je ne me mets jamais en robe dans les rues de Paris et je baisse souvent le regard quand je croise un homme sur le trottoir (pour qu’il ne croit pas que je l’allume ou qu’il se fasse de films). Mais ca ça dépend un peu du profil du mec et de ce qu’il dégage.
    Pourtant je ne ressens pas le besoin à l’heure actuelle de défendre mes droits.
    Alors je me suis posée la question suite à ton article « pourquoi cette cause me touche si peu alors que je suis une femme ? »
    Voici quelques elements de reponse et j’espere en trouver d’autres…
    D’abord je me suis toujours dit que le pouvoir des hommes n’etait que celui qu’on voulait bien leur accorder. Pourquoi à quelque moment que ce soit me sentirais-je inférieure si je ne me considère pas comme inférieure ?
    (Dans le milieu du travail c’est tout à fait différent. Je pense que le sentiment d’impuissance des femmes est légitime lorsqu’il s’agit de la question des salaires ou de la hiérarchie).
    Par ailleurs, j’ai été éduquée par une femme d’une force incroyable qui m’a toujours dit que si j’avais le moindre problème il fallait que je vise les couilles ou que je crève les yeux de mon agresseur avec mes deux doigts… Trouver des leviers pour palier à une situation d’impuissance, c’est là que réside notre force.
    Surtout, je ne me suis jamais construite en opposititon à l’homme. Je ne considère absolument pas les hommes comme supérieurs, je vois un être humain avant de voir un homme. Et pour moi un homme qui possède du pouvoir est celui qui se connait lui même, qui fait preuve de sensibilité et d’empathie. C’est pas le relou qui te matte dans la rue ou le mec haut placé dans la boite qui frime avec sa rolex et qui réduit les femmes au rôle de secretaires sexy.

    Tout ca pour dire que ton article m’a beaucoup touché. J’y ai pensé toute la journée d’hier et encore ce matin. J’ai écouté des podacsts (ce que je fais rarement ) sur les femmes, leur rapport à la sexualité, à la féminité et aux hommes pour comprendre davantage ce qui motive une femme à défendre avec ardeur ses droits.
    Surtout, je me suis remise en question. La notion de sororité résonne dans mes oreilles depuis la lecture de ton article car je me rends compte que j’ai toujours été dans le jugement pas rapport à cette cause : je trouvais les femmes soit faibles (quand elles étaient victimes) soit trop radicales (quand elles étaient militantes), comme beaucoup je me disais que « les extrêmes c’est pas bien » et surtout je ne montrais aucune solidarité envers la gente féminine. Aujourd’hui j’ai envie de comprendre et de respecter davantage ces femmes qui mènent un combat pour leurs droits au profit de toutes les autres femmes. Et peut importe la façon dont elles mènent leur combat, j’ai compris qu’elles suivaient leur vérité. On ne peut pas toujours comprendre ce qui anime avec force une personne mais on peut le respecter.
    Enfin, je n’ai plus envie de me sentir en competition avec les autres femmes. Je n’ai plus envie de me protéger en essayant de trouver les defauts de la femme qui me « fait concurrence » mais plutôt de me reconnecter à ma propre valeur…

    Pour finir, une phrase qui introduit le recueil « La grande vie » de Christian Bobin et qui résonne avec tes toutes dernières paroles lors du podacst « Entre nos lèvres » : Ceux qui nous sauvent de notre vie, ne savent pas qu’il nous sauvent ».

    Merci de ton partage d’expérience.

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    Reply Lynda 9 mars 2019 at 15 h 59 min

    Merci pour cet article et le partage honnête de ton expérience ! J’ai parfois le sentiment de ne pas connaitre grand chose au féminisme, d’en être qu’au début de mon cheminement. Ce n’est qu’en 2018 que j’ai réellement commencé à m’intéresser aux différentes facettes du féminisme à travers les blogs qui en parlaient, puis des lectures qui étaient recommandées et je réalise que beaucoup de choses m’étaient déjà familières et me rendaient en colère également, mais je n’ai jamais osé l’exprimer ou me rebeller contre, car moi aussi j’ai rejeté cette image des féministes colériques qui est souvent relayée ! Je trouve tellement juste ta remarque sur le fait qu’on se focalise souvent sur les acquis précédents (liberté de travailler, la contraception, etc.) qu’on se met des œillères sur ce qu’il reste encore à changer. Alors merci de faire l’effort de partager à ce sujet, d’éveiller les consciences pour nous donner les clés pour les combats futurs !

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    Reply Flo 10 mars 2019 at 10 h 48 min

    Merci Laëtitia pour ton article vraiment bien écrit et très documenté.
    Je me suis reconnue dans plusieurs passages où tu expliques ton expérience. Et notamment dans le fait qu’aujourd’hui encore je ne me sens pas encline à me déclarer féministe parce que j’ai l’impression que c’est trop extrémiste. Je compte lire ton blog petit à petit et bien plus en profondeur pour changer cela.
    Mais par ailleurs je suis maman de deux petits garçons et je veille farouchement à ce qu’ils grandissent avec les valeurs d’égalité et de respect chevillées au corps. Ma mère nous a déjà élevés comme ça ma sœur, mon frère et moi et je lui en suis très reconnaissante. Ça m’a permis d’être forte et assez sûre de moi (pas toujours hein, je suis comme tout le monde, je doute et me questionne)

    Encore une fois merci pour ton article qui m’amène à réfléchir et à me donner envie d’en savoir plus

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    Reply Hélène Goelen 10 mars 2019 at 11 h 00 min

    Merci pour cet article très clair et très complet. Mon cheminement féministe a été long et n’est pas terminé. Moi aussi, il y a longtemps, j’ai pu dire des conneries comme « elles sont trop en colère, c’est contre-productif ». J’ai envie de réagir sur plusieurs points.
    Moi aussi j’ai fait des études de lettres (mais il y a longtemps) et je n’ai pas étudié une seule femme autrice, pas une seule. A l’époque, je ne posais même pas la question de savoir pourquoi. Je crois même que je ne l’avais pas remarqué. C’est dire.
    L’autre point c’est la colère. Cette semaine j’ai lu un livre pour mon boulot qui m’a mis en colère, vraiment beaucoup. Mon premier réflexe a été de la taire (pour ne pas vexer l’autrice dont c’est le premier roman). Et ça me parait très révélateur. Pourquoi ma colère ne serait pas légitime ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit de dire haut et fort que je ne suis pas d’accord avec les propos de ce livre ? Je peux le faire sans être insultante vis-à-vis de l’autrice mais en ayant un propos argumenté. Je suis donc en train de rédiger un post là-dessus.
    Les réflexions sur la radicalité sont intéressantes. C’est un mot souvent mal perçu et je rejoins le discours d’une de tes lectrice.
    Bonne journée !

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    Reply Audrey 10 mars 2019 at 11 h 22 min

    Merci Laetitia, cet article est éclairant sur ce sujet qui m’a longtemps fait de l’oeil mais que je n’avais jamais pris le temps d’approfondir. J’ai pris conscience de plusieurs aspects en te lisant et notamment celui de voir le féminisme comme une thérapie. Cela raisonne beaucoup en moi, même si mon parcours a été moins traumatisant que le tiens. En tant que thérapeute, j’ai juste un peu de mal à considérer que la colère soit moteur pour avancer, pour moi les émotions négatives sont des alertes, des prises de conscience mais c’est la gestion de cette émotion, la libération de celle-ci, qui nous permet d’avancer et pas l’émotion en elle-même. Je pense sincèrement que l’on peut être féministe et humaniste, libérer cette colère pour laisser place à une revendication pacifiste (baba cool sort de ce corps…). Cette dualité du féminin et du masculin on la retrouve dans toutes les cultures, et je suis passionnée par cette recherche d’harmonie entre ces deux facettes. Bien entendu, je suis contre ce patriarcat dominant, cela va à l’encontre de mon travail sur le féminin sacré (autant chez les femmes que chez les hommes). Mais je pense sincèrement que l’égalité peut se trouver dans plusieurs méthodes. Je peux comprendre que mon message va en agacer certaines, que ce combat doit être fait, rapidement, intensément, immédiatement et je fais tout mon possible pour y participer, mais peut être d’une autre manière…

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    Reply LEDE 10 mars 2019 at 12 h 10 min

    Je viens ici suite à votre post sur instagram. Alors oui il y a plus de vue sur instagram, mais souvent j’utilise instagram pour découvrir des choses Et si le sujet m’intéresse j’aime les blogs où les sujets sont plus fouillés. Je viens de survoler votre texte et pour vous dire, je me le mets en favorie car survoler et largement insuffisant. Il aborde beaucoup de choses que je souhaite approfondir, des auteurs des concepts, des podcasts… Il va m’aider à me situer sur ce sujet. Femme blanche, hétérosexuelle, cisgenre, issue de la classe moyenne , qui correspond aux normes physiques actuelles et qui n’a pas de handicap, de 45 ans, sans passé « crénios » avec un conjoint qui fait largement sa part dans la maison et dans l’éducation. Je souhaite par dessus tout accompagner au mieux mes filles qui ont 15 et 10 ans.
    Alors merci de continuer vos blogs et merci pour tous vos partages et vos réflexions.

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    Reply Mauuuudette 10 mars 2019 at 17 h 20 min

    A l’aube de mes 30 ans, beaucoup de questions me taraude notamment ce qui concerne le féminisme. En lisant de nombreuses personnes abordant ce sujet, je me suis moi-même posée énormément de questions. J’en suis qu’aux prémices mais j’ai une forte envie de me plonger dans des lectures enrichissantes sur le sujet pour m’affirmer en tant que féministe et de pouvoir en faire profiter mon entourage avec des réelles réflexions et surtout appuyer par des gens qui ont déjà une forte expérience et connaissance.
    Je ne commente quasiment jamais les articles sur les blogs mais celui-ci est tellement passionnant qu’il mérite d’etre relayer auprès de toute les jeunes filles et femmes pour une ouverture d’esprit et voir qu’il reste énormément de choses à faire…

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    Reply Ségolène 10 mars 2019 at 18 h 41 min

    Merciiii pour ton article ! C’est tellement libérateur et empouvoirant de lire des personnes comme toi parler de féminisme ! Je sais que ce type d’article prend beaucoup de temps et d’energie mais c’est si important ! Merci

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    Reply Charlotte 10 mars 2019 at 19 h 03 min

    Bonsoir Laëtitia,
    Merci beaucoup pour cet article qui est une véritable fenêtre ouverte sur le féminisme que j’ai longtemps mis de côté car je le jugeais trop extrême (à tort).
    Je n’en suis qu’au début du cheminement mais comme plusieurs lectrices, je m’y intéresse de plus en plus. Tes réflexions (ici ou sur instagram) sont précieuses et m’y aident. Douce soirée!

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    Reply Lucie 10 mars 2019 at 22 h 41 min

    Un si grand merci pour cet article clair, honnête et fort <3
    Merci d'avoir la force de nous partager ton cheminement.
    C'est un sujet qui m'est si cher, et une réflexion qui n'a pas de fin. À chaque fois que je pense avoir globalement "fait le tour" de la question (comme c'est prétentieux !), une information nouvelle, un témoignage imprévu, bouleverse une des idées que j'avais fixé dans mon cerveau. C'est le chemin le plus enrichissant qu'il m'ait été de parcourir, et j'ai autant hâte que peur de voir ce que le futur nous réserve. La plus grosse moitié de mon cerveau a grand espoir, en voyant combien la sororité prend de l'ampleur, combien de femmes et d'hommes ouvrent les yeux. Je suis heureuse d'oser désormais affronter les regards et interrogations de mes ami·e·s et de ma famille quand je m'insurge, quand j'invite à questionner, quand je demande à mon papa pourquoi il demande à ma soeur et moi d'aider ma grand-mère à débarrasser, et pas à mes cousins. Je suis contente d'aider à la prise de conscience.
    Continuons à planter des graines partout, même aux endroits les plus incongrus, elles finissent toujours par pousser !
    Encore merci à toi <3

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    Reply Emyetcetera 11 mars 2019 at 9 h 15 min

    Bonjour,

    Tout d’abord merci pour cet article, ces mots qui résonnent (bon maintenant j’ai une chanson de Jenifer dans la tête bravo) en moi.
    Quel bonheur d’entendre qu’il ne faut pas avoir honte d’être féministes. J’en ai tellement assez qu’on soit plus décomplexé.e.s d’être raciste que féministe. Vivement que ça change !

    Et merci pour ton coup de gueule sur instastory hier, il était nécessaire, pour toi sans doute mais aussi pour me rappeler que mon engagement féministe c’est aussi prendre le temps de lire, des livres, mais aussi des articles comme le tien, en soutien, en éducation.
    Belle journée !

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    Reply Aurélie 11 mars 2019 at 11 h 20 min

    Merci pour cet article, très clair et très honnête. Je trouve vraiment intéressant que tu aies abordé le sujet de manière chronologique car je crois que tout est question de cheminement, chacun doit s’approprier le sujet d’après sa propre expérience.
    Pour ma part, j’ai eu la chance de grandir dans un environnement plutôt équitable sinon égalitaire et de ne pas faire de mauvaise rencontre. J’ai baigné longtemps dans ce flou « tout va bien, je ne me pose pas de question ». Oui je percevais bien sûr le sexisme ordinaire, les limites du schéma familial classique etc. mais cela me laissait tout à fait passive, c’était comme ça et je faisais avec.
    Quand ma fille est née, je me suis soudain posée la question du monde dans lequel elle allait vivre, cela m’a obligée à me questionner sur beaucoup de choses, notamment mon propre vécu! Cela a été le point de départ de mon cheminement féministe car si tu apprends à ton enfant qu’une fille peut faire ce qu’elle veut, tu dois aussi le lui montrer!

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    Reply Anaelle (La Révolution des Tortues) 11 mars 2019 at 15 h 46 min

    Merci pour cet article passionnant ! Je partage entièrement ton point de vue. Moi aussi, je suis passée par toutes les phases (le sexisme qui s’ignore, les lieux communs, etc.) avant d’arriver à me dire féministe, à comprendre la nécessité du féminisme et l’importance de la sororité. J’attends avec impatience ton article sur la soumission car c’est vraiment de ce côté-là que je cogite en ce moment : comment fait-on pour être les complices malgré nous de ce système ? À très vite du coup :)

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    Reply Échos verts ❀ Natasha 12 mars 2019 at 8 h 48 min

    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de partager ton cheminement Laëtitia…

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    Reply Ornella 12 mars 2019 at 10 h 48 min

    Bon, j’avoue que sur cet article, je ne te suis malheureusement pas. Je ne suis pas une partisane du féminisme, malheureusement. Et même si des hommes ont pu nous faire endurer des sévices, je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse faire une généralité. Et pourtant, je suis la première concernée.

    Ensuite : « le patriarcat à tout intérêt à nous diviser »…. Je ne suis pas du tout dans cette réflexion. Je pense qu’il n’y a rien en ce monde qui divise plus les êtres que le féminisme. :/

    M’enfin, tu expliques que ce féminisme a une vertu thérapeutique pour toi donc tant mieux si ça a pu t’aider. :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 12 mars 2019 at 10 h 58 min

      Personne ne met tous les hommes dans le même sac, et je ne vais pas essayer de te convaincre si tu estimes qu’il n’y a pas de problème en voyant tous ces chiffres :) L’avenir, je l’espère, te prouvera que le féminisme ne divise pas, au contraire, il fédère et donne la force de changer les choses. Quant à la vertu thérapeutique, elle ne m’empêche pas de voir au-delà et je trouve ta remarque un peu condescendante, je me permets de te le dire. Balayer d’un revers de main tout le travail des féministes en affirmant que le patriarcat ne divise pas, je trouve ça un poil présomptueux. Tant pis, let’s agree to disagree :)

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      Reply Julie 12 mars 2019 at 14 h 52 min

      C’est dommage que tu te se sentes obligée d’écrire sous chaque article féministe que tu n’es pas d’accord. Je t’ai vue écrire les mêmes choses sur plein de blogs différents, à chaque fois que l’article traite du féminisme.

      En fait, si tu ne te considères pas comme féministe et si tu es contre les causes pour lesquelles le féminisme œuvre, je ne sais pas pourquoi tu te donnes encore la peine de venir les lire et de commenter en disant que tu n’es pas d’accord (en plus avec toujours les mêmes arguments).
      D’ailleurs, plein de gens t’ont déjà répondu que le féminisme ne divise pas du tout, et pourtant, tu n’as pas changé d’un iota ta façon de penser.

      Je pourrais comprendre si tu lisais ces articles pour t’ouvrir l’esprit et y chercher des idées pour faire évoluer ta pensée ou pour comprendre différemment. Mais ce n’est pas le cas, tu viens sous chaque article dire que tu n’es pas d’accord. C’est ton droit mais je ne comprends pas l’utilité de ta démarche.

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    Reply Hey Manolita 12 mars 2019 at 16 h 52 min

    Hello Laëtitia ! Je tenais à te remercier pour cet article riche de ton vécu et de tes lectures (écoutes et visionnages). Je trouve que tu présentes tout ceci de façon très claire et j’espère que tes mots permettront de capter davantage de personnes sur ce sujet on ne peut plus important. En tant que femme racisée, je te remercie également d’avoir abordé les aspects de l’intersectionnalité. C’est une notion qui est encore peu abordée par le féminisme « dominant » (occidental & bourgeois…), voire carrément jetée en pâture auprès des oppresseurs…
    Bref, encore merci et de mon côté, je partage sur mes réseaux :-)

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    Reply Animal Sensible 17 mars 2019 at 16 h 22 min

    Merci beaucoup pour cet article (pas si long que ça) agréable à lire, simple à comprendre et qui donne envie de se renseigner davantage.
    C’est grâce à internet essentiellement que j’ai appris ce qu’était le féminisme et que j’en tire encore aujourd’hui beaucoup d’information. Que ce soit sur des blogs, des vidéos, des podcasts etc.
    J’ai aussi eu une prof au lycée hyper cool qui nous parlait de la charge mentale sans en dire le nom. Qui nous incitait à faire des contrats de mariage si on se mariait pour ne pas se faire avoir… L’entourage est vraiment important et avoir des adultes bienveillants et informés sur ces questions, lorsqu’on est enfant et ado est super important. Pourtant les parents et profs féministes sont loin d’être la norme (il y a un article intéressant sur le blog de Madame Sourire à ce propos).

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    Reply Héloïse 19 mars 2019 at 9 h 48 min

    Je me reconnais beaucoup dans tes paroles, surtout dans le fait d’avoir toléré, accepté, voire considéré normales des choses qui ne l’étaient pas. C’est fou ce que l’on peut accepter d’endurer, sur ce point j’ai réellement l’impression que le passé de la Femme pèse sur nos épaules et se met souvent en travers de notre chemin. Comme s’il nous disait que souffrir c’est normal quand on est une femme.

    J’aimerais beaucoup cet bibliographie, notamment des lectures « de base » avec des autrices et auteurs fondamentales, je me sens un peu perdues là dedans.

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    Reply Kel 26 avril 2019 at 10 h 39 min

    Laetitia, je te lis depuis bien longtemps et je te félicite, tout d’abord pour cet article très riche en informations et en pistes de réflexion, qui développe des sujets que je connais mal comme l’intersectionnalité.
    Et puis félicitations aussi pour ton témoignage dans ce podcast qui m’avait beaucoup secouée et émue quand je l’avais écouté. A une échelle vraiment, vraiment moins élevée, j’ai aussi laissé quelqu’un avoir une attitude de tentative de domination avec moi, et je comprends ce sentiment de se dire « comment ai-je pu me laisser faire et ne pas voir ce qui se passait ». Ton témoignage est important, il peut aider nombre de filles qui subissent malheureusement des situations identiques à celle que tu as connue, et c’est très courageux d’avoir raconté cela. Tu peux en être fière.
    Je ne sais pas ce qui a réellement provoqué ma prise de conscience concernant le thème du féminisme, sans doute que ça s’est bâti progressivement à force de ressentir des injustices (et de voir ma mère tout faire à la maison). J’essaie de faire attention quand j’en parle car je n’arrive que dans très peu de cas à ne pas passer pour la féministe intégriste dès qu’il y a des mecs dans l’assistance ou des filles qui ne se sentent pas du tout concernées… Ce que tu dis des privilèges des hommes blancs hétéros cisgenres est très juste, la plupart de mes amis, exs et mon copain actuel ont toujours trouvé que c’était « trop » et je pense qu’ils n’ont vraiment pas envie de prendre conscience de leurs privilèges. Après tout, peut-être que je serais pareille à leur place et que j’avais grandi dans un monde qui se façonne pour moi en premier…
    Je suis enseignante en CE2 et je me rends compte à quel point, même quand on est sensible à la question, on peut reproduire sans le vouloir les inégalités de genres. J’ai réalisé avec mes collègues à quel point les ballons de ceux qui jouent au foot prennent de la place dans la cour, alors on essaie de faire des journées sans ballon. Parce que même si les garçons et les filles peuvent les utiliser, les garçons sont beaucoup plus imposants… Il m’est arrivé d’aller leur reprendre le ballon parce que les filles se plaignaient de ne pas pouvoir en avoir un mais n’osaient pas pour autant aller le chercher après qu’on leur ai dit qu’elles y avaient droit. Je me rends compte aussi à quel point les garçons dans ma classe peuvent monopoliser la parole (alors qu’ils ne sont que 8 sur 26 !), mais je ne peux pas non plus leur interdire de s’exprimer … C’est compliqué et je n’en suis qu’au début de mes réflexions sur le sujet, mais je suis quand même contente de me dire que mon travail peut avoir un rôle dans l’évolution des choses :)
    Je note en tout cas ta référence de lecture. Merci pour ton article !

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    Reply Louise 9 mai 2019 at 14 h 55 min

    J’ai ENFIN pris le temps de lire ton article… avec deux mois de retard…
    un excès de charge mental ces derniers mois en est le responsable. Ton témoignage est pour moi important et salutaire. Il fait beaucoup échos et je me reconnais dans les trauma, la colère, l’effet thérapeutique du féminisme.
    Je pense que j’ai toujours été féministe en un sens. Ancienne ado révoltée par l’inégale répartition des tâches à la maison, éduquée pour être diplômée, indépendante et libre, pour ne pas vivre ça à mon tour… et pourtant… si c’était aussi simple d’échapper au poids du patriarcat ça se saurait. L’histoire des femmes a aussi été le sujet de mon mémoire en fac d’histoire. Mais ma vraie prise de conscience et des réflexions plus poussées sur les inégalités de genre sont venues il y a 5-6 ans suite à une fin d’histoire difficile.
    C’est un cheminement qui n’est pas simple et pourtant si enrichissant. Je sais que ce sera un chemin de toute une vie et que j’évolue et évoluerai encore chaque jours sur ces questions.
    Ça me fait particulièrement du bien de lire d’autres témoignages car j’évolue dans un environnement globalement très peu déconstruit et je me sens parfois très seule dans mes questionnements et positionnements.
    Alors oui ton article est important, que ce soit pour les néophytes ou pour celleux plus avancé.e.s dans leur réflexions car il (re)donne courage, des nouvelles pistes de réflexions, de nouvelles lectures…
    Merci d’avoir pris le temps de le rédiger et bravo d’oser t’exprimer avec autant d’authenticité et d’honnêteté sur le sujet !

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