Ethique animale

L’éthique animale #1

8 novembre 2012

« LE CHEVAL . – Il s’agissait d’une espèce de bête à quatre pattes [les hommes] comme nous, mais qui se tenait debout en marchant sur deux pattes, comme le font les oiseaux, et ils se servaient des deux autres pour maltraiter les gens. Ils croyaient que le monde avait été crée pour eux. LE BŒUF. – Comme s’il n’avait pas été fait pour les bœufs. LE CHEVAL. – Tu plaisantes ? Je serai désespéré de n’être pas né cheval et je ne voudrais pas être un bœuf pour tout l’avoine du monde. […] »

Giacomo Leopardi, « Dialogue entre un cheval et un bœuf » in Huit petites œuvres morales inédites.

The Threatened swan de Jan Asselijn au Rijksmuseum (1640)

Voilà, nous y sommes. A présent que le mémoire est derrière moi, que toutes mes lectures ont été achevées (il m’en reste tellement à faire…) et que j’ai l’impression d’avoir une toute petite légitimité à en parler, je vais vous en parler. Je vais vous parler d’éthique animale.

J’ai réfléchi un moment sur comment le faire. Comment capter votre attention et comment faire pour que vous ayez envie de me lire jusqu’au bout. Parce que oui, être succincte lorsqu’il s’agit d’un sujet que j’ai fouillé pendant un an m’est difficile mais c’est un challenge que j’ai envie de relever. D’autant plus que je crois que vous pouvez vous y intéresser aussi. C’est un sujet concret qui nous interroge directement dans notre rapport aux autres animaux qui est – que l’on s’en aperçoive ou non – quotidien ou presque.

J’inaugure donc avec cet article une nouvelle catégorie du blog : l’éthique animale. Rien à voir avec ce que vous avez l’habitude de lire ici mais ce sujet fait désormais partie de moi et j’avais envie de partager modestement mes recherches avec vous.

Ainsi, de façon un peu anarchique, je publierai un article qui vous présentera une ou deux problématiques de l’éthique animale en particulier (qu’est-ce qui nous différencie des animaux ? souffrent-ils et à quel degrés ? méritent-ils un statut morale et juridique ? sommes-nous supérieurs ? qu’est-ce que le spécisme ? quelles sont les différentes théories de l’éthique animale et qu’apportent-elles comme solutions ? peut-on les appliquer au quotidien ? etc.) et qui ouvrir un peu la discussion entre vous et moi. L’idée c’est aussi d’échanger ensemble et pas seulement de vous faire un exposé de mes connaissances en la matière. Ca n’aurait pas grand intérêt et je ne cherche pas à me faire passer pour ce que je ne suis pas. A savoir, une spécialiste. Ce seront des articles un peu théoriques (mais pas trop) qui auront une visée pratique dans le but de susciter en vous des interrogations et des réactions.

Bon allez, trêve de bavardage ! Ouvrez vos manuels à la page 112 et toi là-bas dans le fond, tiens-toi correctement, on est pas là pour dormir !

On va commencer doucement avec un petit état des lieux de ce qu’est aujourd’hui l’éthique animale et nous parlerons plus précisément du point de départ de celle-ci : la souffrance. Prêts ?

La définition classique de l’éthique animale est la suivante : la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux pris individuellement ; et elle s’est imposée comme telle au XXe siècle. Très récemment donc. A travers elle, on s’interroge sur le statut des animaux et la première question qui se pose est sans aucun doute celle de leur statut moral. Sont-ils des objets ? Aujourd’hui, en lisant ça, vous faites les gros yeux. Bien sûr que non, les animaux sont des êtres vivants, ils n’ont rien d’un meuble ! Et pourtant…

Il existe trois statuts moraux. On peut être soit un agent moral (c’est-à-dire quelqu’un qui est responsable de ses actes, dont les actions peuvent être jugées bonnes ou mauvaises), soit un patient moral (à savoir, un individu qui subit les actes d’autrui et dont on peut juger s’il reçoit de bons traitements ou pas), soit les deux. Vous l’aurez compris vous-mêmes, nous sommes à la fois des agents et des patients moraux. En revanche, les nourrissons, les enfants, les handicapés mentaux , les séniles, etc. sont uniquement des patients moraux. On estime qu’ils n’ont pas toutes les compétences nécessaires pour choisir quel comportement est adapté ou non dans telle ou telle situation et qu’ils n’ont pas la pleine conscience de ce qui est bien et de ce qui est mal. Par ailleurs,  leur traitement peut être soumis à un jugement et le fait de leur infliger une souffrance est considéré comme mauvais voire répréhensible.

Dans le cas des animaux, le droit semble assez frileux à l’idée de leur accorder le statut de patient moral alors qu’il n’hésitait pas à les juger comme  des êtres responsables de leurs actes, comme au Moyen-Age par exemple avec les procès d’animaux – on y reviendra. Toutefois, la question n’est plus tellement de savoir s’ils ont conscience de ce qu’ils font mais plutôt de savoir si l’on peut les ranger dans la catégorie des patients moraux. Devons-nous juger les traitements qu’ils subissent comme étant bons ou mauvais ?

La plupart des théories de l’éthique animale se basent sur la prise en compte de la souffrance. Frapper dans un arbre et frapper un chien n’a pas les mêmes conséquences. Aujourd’hui, les centaines et les centaines d’expérimentations animales ont plus que largement démontré que les animaux ont bel et bien un système nerveux et par voie de conséquence, une capacité à ressentir la douleur tout comme nous. Cependant, la souffrance n’est pas le seul critère pour accéder au statut de patient moral. Tuer un animal de façon indolore ne règle pas nos problèmes éthiques. Dès lors, ce qui compte bien plus encore, c’est la capacité à ressentir des émotions, positives et négatives : le plaisir, la joie, la peur, la peine, etc. Et les animaux sont capables de ressentir ces sentiments (un chien qui remue de la queue, un chat dont le poil se hérisse, un porc qui renâcle de contentement, etc.)

Mais pourquoi, encore aujourd’hui, imaginons-nous que les animaux ne ressentent pas la douleur ou en tout cas, pourquoi croyons-nous que cette douleur est moindre comparée à celle que pourrait ressentir un homme ? Pourquoi envisageons-nous cette souffrance comme quantité négligeable ?

En France plus qu’ailleurs dans le monde, nous avons un héritage culturel fortement humaniste. L’Homme est la mesure de toute chose, il est l’être supérieur car il possède la conscience de soi (une conscience que les animaux n’ont pas – ou du moins, pas tout à fait, nous en reparlerons) et le langage. Descartes disait « Cogito ergo sum » (Je pense donc je suis). Pour le résumer rapidement, Descartes en arrive à cette conclusion ou « première vérité indubitable » après avoir douté de tout, moi qui doute, il faut bien que je sois quelque chose et je suis une chose pensante… En éprouvant mon doute, je m’éprouve moi-même, « je suis j’existe ». Tout le reste n’est peut-être que pure fiction, et je ne suis assuré de l’existence de rien d’autre que de moi-même.

Pour bien comprendre, prenons un exemple : Je me brûle, je ressens une sensation intense, puis je vois apparaître une tache rouge. Je sais donc par expérience que je peux ressentir de la douleur en me brulant. De fait, il est infiniment probable qu’un être qui me ressemble, qui a deux jambes, deux bras, qui se tient debout, qui se meut dans l’espace et qui s’exprime tout comme moi, ressente la douleur tout comme moi. Mais rien ne me le prouve. Je le déduis par analogie mais ma souffrance reste ni plus ni moins subjective.

Et l’animal ? Je ne suis pas un animal, dira l’humaniste, je ne peux pas savoir s’il souffre et je ne peux pas le déduire par analogie. Néanmoins, nous l’avons déjà dit, aujourd’hui, nous avons les preuves que les animaux souffrent et parfois, la seule observation de leurs comportements en présence d’une source de douleur suffit à conclure qu’ils la ressentent : attitude d’évitement, cris, transpiration, accélération du rythme cardiaque,  etc.

Pourtant, certains continuent à nier cette souffrance en déclarant qu’elle n’est rien en comparaison de celle de l’homme puisqu’à la douleur physique s’ajoute la douleur psychique et morale. Une fois encore, on élève la souffrance humaine comme étant la seule valable, la seule digne d’intérêt. C’est oublier que les animaux peuvent aussi éprouver de la souffrance psychologique. Bien entendu, leur absence de conscience de la mort crée une différence notable entre eux et nous, mais ce manque ne leur retire absolument pas leur capacité à ressentir des émotions. Gardons bien cela en tête.

Quand vous posez la question de souffrance animale, certains individus un peu taquins pourront vous demander : quels animaux souffrent et à quel degrés ? et que sais-tu des végétaux ? comment peux-tu être sûr qu’une laitue n’a pas mal quand tu la mâches ? Le bel argument fallacieux du « cri de la carotte ». Ce même argument est utilisé implicitement par les professionnels de l’agroalimentaire pour qui un porc est au même niveau qu’un épi de blé. Abattre un animal et moissonner un champ, est-ce vraiment bien la même chose ? C’est assez démoralisant d’être au XXIème siècle et d’entendre encore ce genre d’inepties auxquelles répondait déjà Porphyre au IIIème siècle : « mettre sur le même pied plantes et animaux, voilà qui est tout à fait forcé. La nature des uns en effet est de sentir, de souffrir, de craindre, de subir un dommage et donc aussi de l’injustice. Les autres n’ont aucune sensation et donc rien qui leur soit inapproprié ou mauvais, un dommage ou une injustice ».

L’éthique animale prend en compte les animaux sensibles – vous l’aurez compris – et dans cette catégorie entre aussi les poissons et les invertébrés. Ce dernier peut vous sembler un peu abusif mais avez-vous déjà vu un homard réagissant à un bain d’eau frémissante ? Enfin, il y a le cas complexe des insectes. Est-ce mal de gazer une araignée qui s’est invitée dans notre chambre ? La réponse à cette question est délicate car rien des expériences qui ont été faites ne prouve que les insectes souffrent dans le sens où ils peuvent continuer à manger ou à copuler alors qu’ils leur manquent une patte ou qu’ils sont en train de se faire dévorer. Toutefois, cette absence de souffrance ne justifie pas non plus que nous les tuions en masse pour protéger des récoltes ou que nous les chassions pour les collectionner. Certains auteurs pensent d’ailleurs que l’homme doit respecter toutes formes de vies et tuer si seulement il y a nécessité (pour se prémunir de maladies par exemple).

La sensibilité est donc le premier critère de l’éthique animale. Un animal est un patient moral dès lors qu’il a la capacité de ressentir des émotions. Voilà ce que vous devez retenir de ce premier article que je vais clore en citant un passage de An Introduction to the Principles of Morals and Legislation de Jeremy Bentham paru en 1907 : « Quel autre critère devrait marquer la ligne infranchissable ? Est-ce la faculté de raisonner, ou peut-être celle de discourir ? Mais un cheval ou un chien adulte est un animal incomparablement plus rationnel et aussi plus causant, qu’un enfant d’un jour ou d’une semaine, ou même d’un mois. Mais s’ils ne l’étaient pas, qu’est-ce que cela changerait ? La question n’est pas : Peuvent-ils raisonner ? ni : Peuvent-ils parler ? mais : Peuvent-ils souffrir ? ». Vous avez votre réponse.

J’espère que ce premier article vous aura donné envie d’en savoir davantage et aura été instructif. N’hésitez pas à réagir en commentaires, vos réactions sont les bienvenues – pour peu qu’elles soient constructives.

La prochaine fois, je vous parlerai de l’homme rejetant son animalité ainsi que du traitement des animaux à travers les âges. Vous verrez qu’en la matière, il ne semble pas tellement y avoir de progrès. C’est même plutôt l’inverse.

Rendez-vous sur Hellocoton !

32 Comments

  • Reply Céline - Frenchy Fancy 9 novembre 2012 at 9 h 12 min

    Très bel article, c’est très intéressant et j’ai hâte de lire la suite car je suis assez sensible sur ce sujet..! Merci de nous faire partager toutes tes recherches.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 10 h 14 min

      Merci Céline, ça me fait plaisir :)

  • Reply Virginie 9 novembre 2012 at 11 h 52 min

    Je trouve ton article passionnant ! Vivement les prochains.

    Evidemment, j’ai souri sur l’argument du cri de la carotte que je me suis tartinée un bon nombre de fois…
    Hier, je publiais un article sur l’éthique du végétarien/végétalien on dira, où tu te dois d’être absolument irréprochable pour taper du poing sur la table au risque d’être traitée d’hypocrite, et je remarquais que c’était un sentiment partagé : cf. les critiques acerbes contre Valentine & ses UGG, les végétariennes et leurs sacs en cuir, etc. Et finalement, en te lisant je crois que la souffrance de la carotte va exactement dans ce sens. Le sens des nuances, la sensibilité.

    Pour la souffrance comme pour le reste, tout est une question d’empathie et d’ouverture d’esprit. Si tu te mets à la place de la bête alors oui, la souffrance a une signification et elle est réelle. Si tu décides que tout doit tourner autour de l’être humain seulement, et que sa seule souffrance est à considérer, alors jamais tu ne seras capable de te poser les bonnes questions et d’avoir cette éthique au quotidien.
    Une vie, ça se respecte. Et peu importe laquelle, humaine ou animale. :)

    La série d’articles que tu nous promets est un nouvel axe de réflexion, historique, théorique et empirique et j’espère que ça sensibilisera encore plus de personnes au sujet !

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 19 h 47 min

      L’éthique animale ne fait pas (que) preuve d’empathie, c’est justement ça sa force… Car on pourrait alors facilement l’attaquer en disant qu’elle fait dans le sentimentalisme, la sensiblerie alors qu’elle va bien au-delà. Pour lutter contre le racisme, la misogynie, nul besoin d’aimer les Noirs ou les femmes ; il suffit simplement de réfléchir à ce qui est moral et ce qui ne l’est pas :)

      C’est pareil avec les animaux. Cela veut dire que nous sommes tous concernés par les problèmes d’éthique animale, que l’on peut tous s’y intéresser, que l’on aime les animaux ou pas.

      Je n’espère pas trop sensibiliser avec mes articles car je sais que c’est toujours les mêmes lecteurs que ça touche. Les autres passent leur chemin en levant les yeux au ciel et commenteront quand je parlerai d’autre chose. Je me suis fait une raison ;)

      N’empêche que je suis contente que ce premier article reçoive un si chouette accueil !

  • Reply Amandine 9 novembre 2012 at 14 h 30 min

    Coucou,

    Un grand merci de partager ton travail de recherches, c’est un sujet brûlant, une question philosophique qui doivent être dans les esprits du plus grand nombre ! En te lisant j’ai reconnu les paroles de notre maître spirituel Jeangène Vilmer et je me rappelle à quel point j’avais été troublée de le lire. Merci donc d’avoir poser les questions essentielles et je dirai de base sur la sensibilité et les émotions ressenties par les animaux. La souffrance est objective et nous ne saurons jamais la mesurer…mais les signes de peur ne trompent pas et même s’ils n’ont pas conscience de leur propre mort, l’affolement de l’animal qui va se faire abattre, devrait forcer les hommes à se poser des questions. Vive l’intelligence de l’homme du XXIème siècle…Hâte de lire la suite en tout cas ! Bisous

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 19 h 49 min

      Eh oui en effet, j’ai beaucoup lu et aimer Jeangène Vilmer (et du coup, je m’en suis beaucoup imprégnée) !

  • Reply Amandine 9 novembre 2012 at 14 h 41 min

    Ah j’oubliais : il est essentiel de se poser un jour ou l’autre ce genre de questions dans lesquelles je me suis perdue parce que je n’avais les réponses. Et puis, j’ai fini par me dire: merde alors, ce qui compte c’est le Respect de la Vie et en tant qu’être humain, notre devoir est de protéger la Nature et les Animaux !

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 19 h 51 min

      Oui ! D’ailleurs, l’une de mes premières lectures à été celle de Jonas, Le Principe responsabilité. Je l’ai parcouru et ça a tout de suite donné un sens à ma recherche. Nous ne pouvons pas vivre en toute insouciance, justement parce que nous avons quelque chose de plus que les autres animaux.

  • Reply Aurélie Just A Girl 9 novembre 2012 at 15 h 37 min

    Article très intéressant. On sent que le sujet te tient à coeur. J’ai hâte de lire la suite!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 19 h 52 min

      Merci Aurélie. En effet, s’il y a bien un sujet qui me tient à coeur, c’est celui-là !

  • Reply Valentine 9 novembre 2012 at 17 h 18 min

    Alors là : chapeau bas, mais très bas !!!
    Tu écris superbement tout en soulevant des points cruciaux avec des mots simples.

    Je rejoins tout à fait Virginie, qui t’a écrit plus haut : « […] tu te dois d’être absolument irréprochable pour taper du poing sur la table au risque d’être traitée d’hypocrite, et je remarquais que c’était un sentiment partagé : cf. les critiques acerbes contre Valentine & ses UGG, les végétariennes et leurs sacs en cuir, etc. Et finalement, en te lisant je crois que la souffrance de la carotte va exactement dans ce sens. Le sens des nuances, la sensibilité. »
    et « Une vie, ça se respecte. Et peu importe laquelle, humaine ou animale. :) »

    Je n’ai RIEN à ajouter : merde aux con(ne)s qui ne comprennent jamais rien et ne réfléchissent pas 2 minutes, pour qui c’est tout noir ou tout blanc, pour qui tu es un gentil ou un méchant, pour qui tu vis en ascète sans rien manger et sans t’habiller sinon gare à toi.
    La bêtise me gave autant que les pauvres oies et canards qui doivent être en train de vivre un sale moment à l’approche des Fêtes de fin d’année. Je suis gavée littéralement par les remarques stupides, provenant de celles -et ceux- qui n’ont jamais rien fait, défendu ou soutenu aucune cause : humaine ou animale. Mais critiquer, ça, ça sait faire.

    Merci pour ton blog qui est une pépite et même une référence en la matière.
    Continue et bravo pour ce texte.

    Bises

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 19 h 58 min

      Oh merci merci Valentine :)

      Effectivement, dans le cas de l’éthique animale ou de la cause animale, il est plus facile de critiquer que de faire… En fait, contrairement à de nombreux autres champs de réflexion, celui-ci est très délicat car si l’on s’y penche et s’y l’on y adhère, cela a nécessairement des répercussions importantes dans notre vie et dans notre quotidien.

      Personne n’est parfait. Nous sommes et restons des humains avec nos faiblesses et nos contradictions, cela ne doit pourtant pas empêcher d’avancer et de nous remettre en question. Les gens pensent souvent que s’y l’on s’intéresse aux animaux, on se doit d’être irréprochable, d’être une belle brebis blanche alors que cela est strictement impossible pour la simple et bonne raison que nous vivons dans une société moderne et qu’à part se marginaliser ou se suicider, je ne vois pas bien comment nous pourrions devenir un être exempt de reproches.

  • Reply Valentine 9 novembre 2012 at 17 h 19 min

    (je tenais juste à ajouter que je n’ai pas de UGG en fourrure, soit dit en passant : juste une paire de sabots en bois et cuir de cette marque). :)
    On s’en fout et je ne me justifie pas, mais les UGG bottes fourrées, je n’aime pas et je n’en ai pas.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 20 h 06 min

      En plus c’est moche de toute façon :p ;)

      • Reply Valentine 9 novembre 2012 at 22 h 10 min

        J’ai relayé l’article sur l’expérience sensorielle à aller tester dans l’espace éphémère Ugg à Paris, qui valait le coup. Les bottes fourrées c’est pas mon truc, il ne faut pas dire « c’est moche », mais « je n’aime pas » ;)
        hihi

        • Laëtitia
          Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 23 h 21 min

          Haha, oui ! Ma maman me le répétait tout le temps quand j’étais petite ;)

  • Reply Chloé 9 novembre 2012 at 19 h 06 min

    Comme je te l’ai dit sur Twitter, cet article est juste…parfait! Tu as une plume superbe, et tu exposes clairement les faits pour rendre ton article instructif (et brillant)! Je parle en connaissance de cause, puisque je ne connais pas trop le sujet… Je ne suis ni végétarienne, ni grande amatrice de viande ou de foie gras… Un peu entre les deux… Ca ne se justifie pas. je sais… Je me suis auto-dégoûtée d’aliments comme le lapin car j’en avais, des crevettes que tu dois découper (ça me déchire le coeur, je suis bizarre), le jambon…
    J’aime les marques qui ne testent pas sur les animaux… Mais bon, je n’ai franchi aucun pas… Chapeau à toi!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 9 novembre 2012 at 20 h 05 min

      Merci Chloé ! :)

      Tu es comme beaucoup de monde en fait… Le principal, je pense, c’est d’avoir conscience de ce qui se passe et de ne pas faire l’autruche. Avant d’être végétarienne, je ne pouvais pas non plus décortiquer les crevettes, il m’était impossible de manger un poisson qui possédait toujours sa tête, je ne supportais pas trop de voir la carcasse du poulet de la veille dans le frigo et pourtant, j’ai continué à manger de la viande pendant longtemps ainsi que du foie gras parce que j’adorais ça.

      Et puis, un jour, sans vraiment m’y attendre, j’ai croqué dans un morceau de viande et j’ai ressenti un dégoût énorme. Je ne pouvais plus en manger. Et je n’en ai plus jamais mangé.

      Si tu t’intéresses au sujet, tu verras que peu à peu, tes comportements se modifieront seuls :) Faire des choix éthiques vis-à-vis des animaux ne doit pas être forcé. C’est une réflexion ou un sentiment (ou les deux) qui t’amènent au changement :)

  • Reply Laurelas 10 novembre 2012 at 15 h 13 min

    HA MERCI! Je suis très heureuse de lire tout ça, et en plus tu écris superbement bien.
    Et ça rentre pile dans le sujet que j’évoquais hier avec un collègue: le ton est monté très vite quand il m’a soutenu, cartésien, que les animaux n’ont pas d’âme, refusant par la même occasion d’admettre que nous autres hommes étions des animaux aussi. J’ai cru halluciner.

    Le problème c’est que je me sens souvent si seule parmi mes collègues, amis et autres connaissances, qui dès qu’il sont « en groupe » surtout, n’hésitent pas à me ridiculiser gentiment, réduisant ma consommation à du tofu et des pousses de soja, vantant à quel point « mmmh c’est bon la viande » et qu’il serait stupide de s’en passer. Quand j’évoque que c’est prouvé scientifiquement que consommer de la viande est lié aux cancers etc, on me demande si je prends la pilule, car « c’est aussi mauvais pour la santé ». On cherche la petite bête. Je fumais (et fume encore très rarement) et on arrive même à me dire que « ha elle est végétarienne mais elle fume » WTF?!
    Je ne sais pas si c’est les français surtout (j’en doute) mais je suis très fatiguée de ces gens stupides qui m’entourent, et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Qui font très certainement l’autruche aussi.

    D’autant que dès que le sujet est soulevé, on m’agresse tout de suite, par défense sûrement, et que du coup, moi, lasse de tant de discussions stériles, je finis par m’emporter encore plus. BREF. Merci, et j’aimerais tellement que les gens, tout le monde, ouvre un peu les yeux, en commençant par lire ton article par exemple…

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 11 novembre 2012 at 15 h 51 min

      Eh oui… C’est bien connu, la meilleure défense c’est l’attaque ! De toute façon, dès que tu fais quelque chose, on te dira : « Mais ça, tu y as pensé à ça ? » C’est sans issue. Un vrai dialogue de sourds et c’est dommage.

      Pour ma part, j’ai pris le parti de laisser dire. Il y a deux catégories de gens dans la vie : ceux avec qui tu peux discuter et les autres. Inutile de perdre son énergie à vouloir le faire avec ces derniers. Pure perte de temps malheureusement…

  • Reply TheCherryCrumble 10 novembre 2012 at 15 h 46 min

    Cet article est très intéressant, j’ai très hâte de lire les suivants, merci Laëtitia ! (commentaire pas très constructif mais bon..!)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 11 novembre 2012 at 15 h 42 min

      Mais commentaire quand même ;)

  • Reply Doriane 11 novembre 2012 at 13 h 22 min

    Alors tout d’abord MERCI pour cet article. MERCI de nous faire partager ton travail. MERCI d’avoir poser ces questions -essentielles- et d’y avoir répondu d’une certaine manière. Tu as une plume superbe :)
    Je ne peux qu’être d’accord avec toi. J’ai hâte de lire la suite. Bisouss

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 11 novembre 2012 at 15 h 45 min

      Et merci à toi Doriane d’avoir pris la peine de laisser un commentaire pour dire tout ça ! :)

  • Reply Hypathia 11 novembre 2012 at 18 h 58 min

    Bravo ! Je rajoute un petit grain de sel : qui est Je et d’où parle-t-il/elle ? Quelle est la rationalité de ce qu’il écrit ? « Je » peut raconter des sottises : il peut dire « Je suis mort » ! Ce qui n’a pour le coup aucun sens. Inspiré de Jacques Derrida ;)) Aussi, soyons prudents avec les animaux. Nous n’en savons presque rien, nos connaissances à leur sujet sont très limitées.

  • Reply Ondine 11 novembre 2012 at 19 h 57 min

    Etonnant comment les discriminations sont tellement ancrées en nous qu’elles se refletent dans le langage. On dit des ETRES humains, et pas des êtres chiens, des êtres tortues. Ca découle direct du « Je pense donc je suis » de l’autre taré, là. Notre espece est la seule à penser donc la seule à être. Homo sapiens sapiens mothafucka!
    Ou si on veut éviter le spécisme, on peut dire à la place, « les Hommes » mais oh surprise, on tombe dans le sexisme.
    Moi jdis les humains.

    Il est interessant ton article mais tu devrais pas avoir peur d’attaquer dans le gras du bacon du problème. On dirait que tu as peur de vexer les carnistes. Par exemple quand tu dis « la part d’animalité de l’homme », c’est pas une part puisqu’elle est de 100%.

    Et developpe encore plus! Je l’ai trouvé trop court ton article!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 11 novembre 2012 at 20 h 50 min

      Singer utilise deux formules que j’aime beaucoup et trouve justes : les animaux humains (nous) et les animaux non humains.

      Attention aux amalgames ! Descartes et les cartésiens, ce n’est pas la même chose. Le philosophe ne dit pas que les animaux ne pensent pas et ne ressentent pas. Il dit seulement que rien ne le prouve. Ce sont ses lecteurs qui ont déformé sa pensée – comme Malebranche et sa fameuse affirmation sur le fait que le cri d’un animal que l’on torture s’apparenterait au bruit d’une roue qui grince quand on la tourne.

      Je n’ai pas peur d’attaquer. Je ne le fais simplement pas. Je mesure mes propos, ni plus ni moins. Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Oui, nous sommes des animaux mais biologiquement seulement. Nous ne sommes pas des animaux de nature mais de culture. Une différence essentielle à prendre en compte.

      Enfin, j’ai adapté mon article à son support : internet. Peu de gens aiment lire de longs textes (et je trouve le mien déjà bien assez prolixe) et je n’avais pas comme but de tout dire. Il faudrait écrire une thèse pour ça – et encore.

  • Reply Marie 14 novembre 2012 at 15 h 01 min

    Bonjour Laetitia,

    Je découvre ton blog avec beaucoup de plaisir: le design est très beau et tes articles sont de qualité, particulièrement celui-ci, bien écrit et très instructif. J’ai hâte de lire le prochain sur le même sujet!

    Bonne continuation,

    Marie.

  • Reply melanie 14 novembre 2012 at 16 h 51 min

    Coucou!
    Je ne pouvais pas passer à côté d’un commentaire!
    J’ai tellement appréciée ton article qu’il faut que je te le dises, je l’ai même partagé sur facebook dans l’idée de partager, de faire passer cette parole. C’est extrêmement bien écrit, très simplement. Continues à nous faire part de tes réflexions, de tes recherches, pour ma part ça m’intéresse particulièrement.
    Un grand merci pour ce travail et pour ton article!
    Bisou

  • Reply Clem17 15 novembre 2012 at 12 h 06 min

    Très joli article

  • Reply Maeva 17 novembre 2012 at 10 h 49 min

    En parcourant ton blog, j’ai vu que tu défendais des valeurs sur la protection animale… Je connais un site : http://www.boutiquesara.kingeshop.com/Bijoux-cbbaaaaaa.asp qui vend de jolie bijoux a tout petit prix et les fonds sont reversés pour venir en aide à l’association, se faire plaisir avec en prime un joli geste!

  • Reply 10 mauvais arguments contre le végétarisme - Eleusis Megara 21 septembre 2016 at 9 h 35 min

    […] l’entière responsabilité de nos actes, j’explique cette notion plus en détails ici – et vivons dans une société régie par des lois qui n’ont rien à voir avec la […]

  • Laisser un petit mot