Réflexions

3 ans de vie en freelance

16 décembre 2016
vie en freelance

La vie en freelance fait de plus en plus rêver dans un contexte où il n’est déjà pas facile de trouver du travail alors un travail qui nous plaît et dans lequel on s’épanouit, c’est encore une autre paire de manche. Je ne me rêvais pas auto-entrepreneuse : c’est arrivé par hasard car comme la plupart d’entre nous, je considérais que mes études ne pouvaient se solder correctement qu’en signant un CDI.

A l’issue de mon stage de fin d’études, on m’a proposé de continuer à travailler en freelance. Je pensais que ce serait transitoire et puis j’ai pris goût à la liberté.

Etre flexible, avoir du temps pour soi, relever plus de challenges personnels, et globalement être le vrai décisionnaire de sa vie : il y a beaucoup d’avantages à être freelance mais il y a aussi des inconvénients, bien-sûr.

Dans cet article qui fera le point sur 3 ans de vie en freelance, je vais surtout vous parler de mon expérience et de mon ressenti parce qu’après mille remaniements, j’ai laissé tomber l’idée de vous proposer quelque chose d’ultra complet avec plein de conseils concrets et pratiques – il faudrait des dizaines d’articles pour faire le tour de la question, et encore.

Je partagerai donc avec vous mon parcours pour vous prouver que chaque profil est différent, qu’il y a de la place pour tout le monde et que l’on a tous quelque chose d’unique à apporter. Je vous donnerai également des pistes pour trouver des clients et organiser ses journées au mieux. On évoquera la terrible procrastination mais aussi le salaire ainsi que les aides dont on peut bénéficier. Prêts ?

Mon parcours

Je ne me destinais absolument pas aux métiers du web ; je voulais devenir professeure de français parce que j’aimais lire et écrire, surtout. Après mon bac L en 2005,  je me suis octroyée une petite année dans une filière artistique qui souvent ne débouche à rien : une Licence en Arts du spectacle à Paris 8 dans l’optique d’intégrer plus tard leur Master Danse.

Impossible de regretter cette année qui a ouvert mes horizons et durant laquelle j’ai beaucoup appris sur moi grâce aux différents cours de théâtre.

A la fin du premier semestre, j’ai pris conscience de la précarité du statut d’intermittent du spectacle en écoutant les apprentis comédiens parler autour de moi et j’ai déchanté. Dans le fond, je le savais, mais j’avais certainement besoin de constater tout ça par moi-même.

C’est ainsi que je me suis retrouvée en Licence de Lettres Modernes option Communication, Médiation culturelle et Edition – tout ça. A la fin de ma première année, j’ai postulé chez Acadomia pour donner des cours de soutien en français. Au début, ça me plaisait beaucoup et puis j’ai commencé à m’ennuyer, à tourner en rond et à carrément y aller à reculons. Je sentais que je n’étais pas faite pour l’enseignement. A la fac, la troisième année de Licence était quasi entièrement dédiée à la préparation aux concours de l’Education Nationale.

Je ne prenais plus aucun plaisir. Lire devenait une corvée, écrire tout autant. J’ai décidé d’aller au bout de ma Licence mais de me réorienter ensuite ; et quelques mois plus tard, j’étais sur les bancs de l’ISCOM.

En intégrant une troisième année parallèle en spécialité Relations Publiques, Presse et Événementiel ; j’ai découvert que j’aimais réfléchir à des stratégies de communication et organiser des événements tout en continuant d’écrire – mais différemment. J’apprivoisais la notion de jeu dans le travail.

Le hic ? Je ne me sentais pas à ma place, en décalage avec les autres étudiants. A l’issue de cette première année où je suis devenue plus pragmatique et durant laquelle nous avions eu de nombreuses mises en situation qui manquent cruellement à l’enseignement universitaire et bien, je suis retournée à la fac – chassez le naturel hein… Une première année en Master Information-Communication à la Sorbonne Nouvelle et une seconde en Master Recherche durant laquelle je suis partie six mois en Erasmus à l’Université de la Suisse italienne – j’en parle ici et . 7 ans d’études et seulement deux pauvres stages sur mon CV : ne me sentant absolument pas légitime pour me lancer sur le merveilleux marché du travail, j’ai enquillé avec un Master Professionnel e-Rédactionnel à Toulon.

Je savais que je voulais travailler dans la communication, mais pour faire quoi exactement, ça je ne le savais pas.

En 2010, j’ai ouvert mon blog. Ecrire chaque semaine, m’auto-former pour produire un contenu de meilleur qualité et animer une petite communauté ; ça me donnait un but concret mais ça m’a aussi ouvert des portes qui ne se seraient peut-être pas ouvertes sans lui. A la fin de l’année 2012, j’ai posté mon CV sur Twitter en précisant que je cherchais un stage de fin d’études : quelques jours plus tard, j’ai reçu un mail de la directrice webmarketing d’UNE Beauty qui me proposait de rejoindre son équipe et de faire du community management sur la marque pendant 6 mois. C’est ainsi que tout a commencé.

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Valoriser son profil

L’une des difficultés lorsque l’on se lance en tant que freelance, peu importe son domaine d’expertise, c’est que l’on entre en compétition permanente avec les autres, que l’on a vite fait de se comparer – toujours en sa propre défaveur bien-sûr – et à souffrir de ce mal qui porte le doux nom du syndrome de l’imposteur.

Lors de mes premiers rendez-vous professionnels, je me sentais tellement illégitime que j’avais le sentiment que mes interlocuteurs ne pouvaient pas me prendre au sérieux et qu’ils allaient forcément préférer quelqu’un d’autre. Il faut croire en soi pour que les autres croient en nous – un minimum en tout cas, on ne parle pas là de personal branling – et garder en tête que tout l’on a tous débuté, tâtonné, titubé, douté, échoué, recommencé. Avec le temps et l’expérience, j’ai pris plus d’assurance et j’ai accepté ma nature : je suis discrète, les cadres formels tuent ma créativité et j’ai une personnalité qui ne peut pas convenir à tous les projets que l’on me propose, comme tout quidam.

Il ne faut pas essayer d’entrer dans une case parce que l’on a l’impression que ça fonctionnera mieux en étant davantage ceci ou davantage cela. Etre freelance, c’est avoir la possibilité de respecter qui l’on est vraiment et ce que l’on a envie de faire ou pas.

Il n’existe pas un seul et unique bon profil. Vos qualités, vos défauts, votre parcours scolaire, vos stages, vos expériences aussi bien fructueuses que foireuses vous ont enrichi : ne vous bloquez pas en pensant que vous n’avez rien à proposer de différent de votre voisin ou qu’il saura mieux faire de toute façon. Soyez vous-même, c’est un conseil un peu bateau mais je crois qu’il n’y en a pas de meilleur.

Trouver des clients

C’est la question que tout le monde se pose et à laquelle on répond généralement par ce mot magique : le réseau. C’est vrai, il compte beaucoup et doit se cultiver mais j’ajouterai que pour que ce réseau soit synonyme de propositions intéressantes qui déboucheraient sur des missions épanouissantes dans lesquelles les deux parties en tireraient du positif, il est nécessaire qu’il soit authentique. On préféra donc la qualité à la quantité ! 

Lorsque vous vous lancez, parlez-en autour de vous. Envoyez un petit mail à vos anciens collègues pour leur faire savoir que vous êtes disponible pour certains types de travaux, communiquez sur les réseaux sociaux et rendez-vous visible.

Ce n’est pas facile d’être son propre représentant commercial ; ainsi rencontrer et s’entourer d’autres freelances est utile parce que l’on peut se recommander les uns les autres. Une mission ne correspond pas à votre profil ou vous n’êtes pas disponible ? Suggérez un autre freelance qui, si c’est quelqu’un de bien, saura vous rendre la pareille.

D’une façon générale, ne restez pas seul. Vous pouvez vous inscrire sur des plateformes de mises en relation freelances/clients telles que Hopwork ou encore participer à des événements professionnels durant lesquels vous pourrez distribuer vos cartes de visite. Osez démarcher auprès d’agences ou d’annonceurs dont le travail vous plaît – bien que je ne l’ai pas fait, ça a fonctionné pour des amis. Ne négligez pas le potentiel de LinkedIn, si vous avez un blog mettez-le en avant, créez un site internet pour détailler les services que vous proposez et valoriser votre portfolio, etc. En somme, soyez présent, actif et… vrai.

Vrai ? Il y a beaucoup de masques dans le monde du travail : on utilise plein d’anglicismes pour avoir l’air de toucher sa bille, on essaie de donner une image de soi professionnelle en mettant en veilleuse ce qui fait notre spécificité et l’on raconte à qui veut bien l’entendre que l’on est surchargé de travail parce que ça fait plus sérieux que de dire qu’en ce moment on est dans une période de creux.

On adopte des codes qui ne sont pas les nôtres et on endosse un rôle pas sur-mesure. Il me semble qu’en brisant les faux-semblants et en étant soi-même, on encourage la personne en face à l’être également. C’est plus productif et rafraîchissant !

Pour trouver des clients, il n’y a pas de recettes inratables – en tout cas, je n’en ai pas – mais je crois, encore une fois, que l’on peut se différencier en étant soi-même. Pas une pâle copie d’une image d’Épinal que l’on se fait de tel ou tel professionnel. Vous ne vendrez peut-être pas du rêve mais vous attirerez à vous des clients fidèles qui parleront volontiers de votre travail autour d’eux (ne surtout pas sous-estimer le bouche-à-oreille) et vous vous épanouirez sans doute bien plus dans vos missions.

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Organiser ses journées

La vie en freelance est synonyme d’une certaine liberté – une liberté qui a un prix, forcément. Pouvoir organiser ses journées comme on l’entend c’est pouvoir respecter son rythme de travail et les périodes durant lesquelles nous sommes le plus productif. Je ne suis pas du matin et je suis même carrément bonne à rien avant 11 heures ; j’ai un peu honte de l’écrire mais c’est comme ça. En revanche, je travaille beaucoup mieux en fin d’après-midi et le soir.

Ainsi, j’ai arrêté de culpabiliser parce que je me réveille à 9 heures et que je me mets réellement au boulot deux heures plus tard. Je rééquilibre en travaillant le soir.

Néanmoins, depuis quelques mois, j’ai ressenti le besoin d’avoir un rythme plus classique et un cadre avec de vrais horaires pour ne pas partir dans tous les sens – notamment parce que je ne travaille plus le week-end comme j’avais coutume de faire. J’essaie de me lever vers 8 heures : je traite d’abord les tâches qui ne me demandent pas beaucoup de ressources intellectuelles – disons – comme répondre à mes mails, faire le tour des réseaux sociaux que je gère pour des clients, faire un peu de veille, etc.

Je réserve l’après-midi aux contenus que je dois produire : rédiger des plannings éditoriaux, faire des traductions, des recommandations, des reporting, prendre des photos et les post-traiter. Le soir est plus propice à la créativité et à la réflexion ; c’est généralement le moment que je choisis pour me lancer dans de la rédaction (résultat : ces soirs-là, je vais me coucher très tard… ou plutôt très tôt le matin).

Pour être efficace, il faut absolument que je me coupe de toute distraction : je place donc mon téléphone hors de ma vue, je ferme les fenêtres Facebook et Twitter ainsi que ma boîte mail pour me concentrer exclusivement sur ce que je fais.

Depuis plus d’un an, j’utilise la technique du pomodoro grâce à Moosti : des plages de travail de 25 minutes entrecoupées de pauses de 5 minutes pendant lesquelles on peut ouvrir Instagram, se préparer un thé, faire un câlin à son chat ou répondre à un message sur Whatsapp. Toutes les 4 sessions, on s’accorde une plus longue pause et on recommence. C’est très efficace sur moi bien que je triche un peu parfois – sinon ce serait trop facile.

Par ailleurs, tous les lundis matins j’ouvre mon agenda papier – parce que j’ai beau travailler dans le digital, j’ai vraiment besoin d’un support physique, de n’avoir pas les yeux constamment rivés sur un écran et même si Google Agenda est très pratique, je préfère utiliser un crayon – et j’y note toutes les choses importantes que je vais avoir à faire par ordre de priorité et de complexité durant les 5 jours à venir. Grosso modo, en début de semaine, je me penche sur les sujets qui m’inspirent le moins et je la termine avec des sujets qui m’enthousiasment davantage !

Pour éviter que ce point ne devienne trop long, voici quelques conseils utiles pour vous aider à bien organiser vos journées de travail :

  • Faites-vous des todo list réalisables ! C’est vraiment le conseil que j’aimerais que vous reteniez parce que l’on a toujours tendance à placer la barre très haut, à sous-estimer le temps que telle ou telle tâche nous prendra et on arrive à la fin de la journée en n’ayant pas fait la moitié de ce que l’on aurait aimé faire. Personnellement, il n’y a rien qui me déprime plus que de voir tout ce que je n’ai pas barré – au détriment de tout ce que j’ai barré. On est pas des robots…
  • Concentrez-vous sur une seule tâche à la fois, c’est mieux pour votre cerveau et donc votre efficacité
  • Calez tous vos rendez-vous professionnels sur une seule et même journée si possible – ou sur une demi-journée, le matin de préférence – parce que c’est très chronophage les rendez-vous (ça dure toujours plus longtemps que prévu, on perd son temps dans les transports, etc.)
  • Essayez de coworker régulièrement avec d’autres freelances : c’est chouette d’avoir des collègues le temps d’une journée ! Même si l’on ne sera pas au top de sa productivité, ça motive et ça nous permet aussi de ne pas être tout le temps seul chez soi…
  • N’hésitez pas à alterner les tâches pour vaincre la monotonie et identifier les moments de la journée où vous êtes plus enclin à en faire une plus qu’une autre
  • Octroyez-vous de vraies pauses loin de votre ordinateur comme le ferait un salarié classique en allant papoter à la machine à café (pourquoi ne pas lire une dizaine de pages, faire une séance de méditation, ou préparer un gâteau minute pour le soir ?)
  • Pensez à sortir vous aérer : lorsque l’on est freelance et que l’on travaille de chez soi, on a vite fait de passer la semaine enfermé et de mon côté, ça joue énormément sur mon moral qui décline à mesure que les jours passent et que je ne mets pas le nez dehors
  • Profitez de votre liberté pour planifier des balades durant la semaine. C’est l’un des principaux privilèges de la vie en freelance alors savourez et faites des choses qu’un salarié aimerait faire un mardi à 15 heures !
  • Offrez-vous de vrais week-ends et de vraies vacances, coupez-vous d’internet et rendez-vous indisponible. Personne n’est indispensable et ce n’est pas parce que vous êtes freelance que cela signifie que vous êtes à la disposition de vos clients tout le temps

Il y a certainement bien d’autres conseils à donner pour améliorer sa productivité et travailler efficacement tout en préservant son bien-être, cette liste n’est pas exhaustive mais c’est celle qui me semble la plus importante.

La procrastination

Il fallait que je vous en parle parce que la procrastination est un mal qui nous ronge tous, à quelques exceptions près, des menteurs en somme, et dont on a du mal à parler dans un cadre professionnel – ce n’est pas franchement bien vu. Certaines semaines commencent sur les chapeaux de roue : je suis à bloc, ultra motivée, efficace et j’entre dans un cercle vertueux où j’achève ma todo sans difficulté, en ayant le temps de faire du sport le soir, de m’occuper de mon chez moi, de voir mes amis et de lire avant de me coucher. Ce serait trop beau et trop facile si ça se passait toujours comme ça…

Il y a des matins où je me lève laborieusement, où je traîne en robe de chambre devant mon ordinateur jusqu’à midi et où je sens la culpabilité me grignoter de l’intérieur.

Parfois, j’arrive à me remettre sur les rails en milieu d’après-midi. Parfois pas tout à fait et je remets les choses au lendemain. Je procrastine. Je m’en veux. Je continue de procrastiner. Je m’en veux encore plus, et j’arrive parfois à la fin de la semaine avec cette horrible impression de n’avoir pas utilisé mon temps à bon escient. Pourtant, on a besoin de ne rien faire ; ce qui nous semble être de l’improductivité est en réalité nécessaire à notre bien-être et donc notre travail.

Lorsque l’on est à son compte, nos réussites et nos échecs, nous les vivons à 100 % ! La vie de freelance, c’est un peu les montagnes russes : un mois ne ressemblant jamais tout à fait à un autre. Par exemple, en novembre, j’ai enchaîné les rendez-vous professionnels pour de nouvelles missions. A chaque fois, j’en sortais reboostée et motivée jusqu’à ce que le client ne me donne jamais de nouvelles – ne ghostez pas les gens ce n’est vraiment pas gentil – ou décide de ne finalement pas travailler avec moi.

Ces moments de creux, je ne vous le cache pas, sont difficiles à vivre. On se remet beaucoup en question et on lutte contre le petit coup de déprime, surtout quand le problème devient aussi financier.

Dans ces cas-là, j’essaie de me fixer des objectifs concrets. Je réactive mon réseau, j’en profite pour m’auto-former, pour mieux m’occuper de mon blog et avancer sur des choses que je laisse traîner depuis trop longtemps – comme cet article héhé.

On entend beaucoup de choses positives sur le statut de freelance et c’est vrai, il a beaucoup d’avantages sur le plan de l’épanouissement personnel mais il faut être prêt à vivre dans une certaine forme d’insécurité.

Cette insécurité, je la considère comme un moteur qui me pousse à tirer du positif de situations inconfortables et à me dire que demain sera un jour meilleur pourvu que je travaille pour !

La procrastination et les baisses de moral font partie de la vie, que l’on soit indépendant ou non. Il faut l’accepter, ne pas s’auto-flageller, et trouver des moyens de ne jamais rester coincé trop longtemps dans un cercle vicieux. Je crois aussi que l’entrepreneuriat n’est pas fait pour tout le monde comme on aime nous le dire – à ce sujet, je vous invite à lire l’article d’Anne sur le complexe du travail en entreprise qui remet les pendules à l’heure – et que certaines personnalités s’épanouissent mieux dans un CDI.

vie en freelance

Le salaire & les aides

Lorsque l’on se lance en tant que freelance, on ne sait pas toujours quel tarif proposer. La première chose à faire, c’est donc d’analyser sa concurrence : parcours, expérience, domaines d’expertise, etc. A vous de vous situer par rapport à ce que vous avez observé et d’ajuster votre tarif en fonction de vos propres évolutions au fil des années. Ensuite, vous pouvez facturer à l’heure, à la journée, ou au forfait dans lequel vous gérez vos horaires de travail au mois ; c’est vous qui décidez alors ne vous bradez pas mais ne vous surestimez pas non plus.

N’oubliez pas que vous avez des charges, une assurance et une mutuelle à payer ainsi que des frais incompressibles. Vous coûtez aux entreprises moins cher qu’un salarié et vous n’avez pas ses avantages, il est parfaitement normal que vous soyez mieux rémunéré.

En tant qu’auto-entrepreneur, nous n’avons le droit qu’à l’ACCRE (une exonération de charges décroissante durant 3 ans), l’exonération de la CFE durant la première année d’activité et à la CFP, soit une aide à la formation professionnelle franchement dérisoire : 0,2 % du chiffre d’affaires réalisé, par exemple si vous avez déclaré 30 000 euros en 2016, vous aurez le droit à une aide de 60 euros en 2017 – c’est le moment où vous pouvez rigoler. Il existe quelques autres coups de pouce secondaires dont l’accès est plus restreint, je vous laisse regarder ici.

Pas de chômage, pas de CAF, sans parler du RSI, le régime social obligatoire des indépendants qui met mille ans à rembourser tes frais médicaux – et si tu tombes en plus sur un médecin qui n’a pas de lecteur de carte vitale, t’es mal barré.

Il y a clairement des efforts à faire au niveau des aides… Il faut également composer avec les retards de paiement, d’où l’absolue nécessité d’avoir une trésorerie solide pour ne pas être pris au dépourvu. En la matière, j’ai longtemps laissé couler mais désormais, j’applique automatiquement au-délà d’un mois et demi de retard, les pénalités légales à savoir 40 € forfaitaire et 10,25 % du montant de la facture par mois de retard. Ce n’est jamais évident de dire à un client que l’on a ajouté des pénalités sur sa facture mais c’est l’une de nos rares protections alors il faut y recourir.

Je termine sur des notes pas très positives mais réalistes. Aujourd’hui, malgré les inconvénients et les difficultés, je suis heureuse de travailler à mon compte et j’aurais bien du mal à être salariée parce que c’est vraiment important pour mon bien-être d’avoir du temps pour moi, de m’organiser comme je le souhaite et, je l’avoue, de vivre les petites montagnes russes du freelancing qui me font sentir vivante et me poussent à aller de l’avant, toujours.

J’espère que vous aurez trouvé cet article sur ma vie en freelance depuis 3 ans intéressant et comme je n’ai absolument pas le monopole de la parole ici, n’hésitez pas à donner vos conseils en commentaires : qu’il s’agisse du statut à proprement parler, des démarches administratives que je n’ai pas abordées ou encore des méthodes de travail efficaces que vous avez éprouvées – qu’importe si vous êtes indépendant ou salarié d’ailleurs !

Toutes les photographies de cet article ont été prises par la talentueuse Juliette chez Amami dans le cadre de mon interview pour Hopwork. J’ajoute aussi, parce que je suis un peu fière, que la robe que je porte sur ces images a été cousue par ma grand-mère d’après le patron de la robe Frida Wear Lemonade.

On se retrouve la semaine prochaine avec deux nouveaux articles. Passez un très bon week-end :)

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63 Comments

  • Reply Manon 16 décembre 2016 at 9 h 02 min

    J’ai trouvé ton article très intéressant et en tant que freelance je trouve qu’il fait du bien à lire. La partie « Valoriser son profil » me fait écho, avec mes préjugés au début de mon activité j’essayais justement d’être « le bon profil », de plaire à un maximum de monde etc… Depuis j’ai changé de façon de penser, et je cherche à ce que mon profil soit le plus « moi » possible. Merci beaucoup pour ce retour sur ton expérience ! :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 16 décembre 2016 at 11 h 11 min

      Merci beaucoup Manon ! Tu as tout à fait raison et je suis persuadée que c’est comme ça que l’on travaille le mieux (et que les clients sont contents in fine) :)

  • Reply Gwen 16 décembre 2016 at 9 h 56 min

    Je trouve ton article très juste :) Pour avoir tenté l’expérience d’être freelance quelques années avant de ressigner un CDI (la proposition était très intéressante), je sais que je suis bien plus efficace et créative quand je suis libre de gérer mon temps à mon rythme. C’est pourquoi, j’ai négocié une rupture conventionnelle pour créer une nouvelle entreprise. Alors oui, la liberté a un prix mais sa saveur le vaut largement :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 16 décembre 2016 at 11 h 14 min

      Merci Gwen. Je te souhaite donc plein de succès et de bonheur dans ta nouvelle activité ! Et tu as tout à fait raison, les sacrifices que l’on fait de certains privilèges de salariés en valent la peine :)

  • Reply Kinoko 16 décembre 2016 at 10 h 01 min

    Merci pour ton partage, je me retrouve dans ton récit et tes conseils. Je trouve d’ailleurs que c’est rassurant de voir que tu as « franchis le cap des 3 ans » :)

    On parle beaucoup de la difficulté des entreprises à survivre au délà d’un certain seuil à cause de l’appel de cotisations et ça m’intéresserait justement d’avoir d’autres articles plus détaillés et thématiques autour de certains sujet.

    En tout cas, merci encore et longue vie à ton activité. Il n’y a rien de mieux que d’être heureux à faire ce que l’on aime au quotidien.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 16 décembre 2016 at 11 h 19 min

      J’ai été pas mal aidée au début par UNE qui a été mon plus gros client (et par ailleurs très réglo, je n’ai jamais eu de soucis de paiement de factures avec eux) : ça m’a permis d’avoir le temps de prendre mes marques, de me mettre tranquillement à la recherche de nouveaux clients, etc. Aujourd’hui, je ne travaille malheureusement plus pour eux et j’expérimente seulement les galères de freelances… Donc en somme, je ne suis pas tellement représentative je pense du parcours disons classique de l’AE :)

  • Reply Délia 16 décembre 2016 at 10 h 21 min

    Contente que ton bilan soit plutôt positif!
    J’ai le sentiment que rares sont ceux qui se lancent et n’y trouvent pas une certaine raison de vivre ou plutôt de se lever le matin.
    Ca me manque, et même si j’ai envie de me lancer, les frontières des compétences que j’ai à revendre restent encore floues, et ma capacité à me vendre, lointaine.
    Est-ce qu’on est un jour vraiment prêt? Je ne pense pas ;) !
    Sympathique en tout cas d’avoir accès aux dessous du décor qui sont assez rarement exposés comme les méthodes pour se faire des clients.
    Belle journée à toi!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 16 décembre 2016 at 11 h 21 min

      Ravie que cet article t’ait plu et non effectivement, on est jamais vraiment prêt ! En revanche, il faut vraiment bien faire attention d’avoir suffisamment d’argent de côté pour pouvoir gérer les quasi inévitables retards de paiement. Avec la solidité du réseau, c’est à mon sens un impératif :)

  • Reply Lady Breizh 16 décembre 2016 at 12 h 03 min

    Merci pour ce joli retour d’expérience avec les points + et -.
    J’ai souvent hésité, je ne me suis jamais lancée, c’est vrai que le côté insécurité me fait vraiment peur. Peut-être qu’un jour j’oserai franchir ce cap là :-)
    Bonne continuation

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 30 min

      Oui, il faut être prêt à prendre un peu de risques mais ça en vaut la peine si c’est réellement ce que l’on souhaite pour soi :)

  • Reply Marion 16 décembre 2016 at 12 h 30 min

    Bonjour Laëtitia ! Merci beaucoup pour cet article très intéressant qui tombe à point nommé pour moi… En effet, je quitte mon poste pour me lancer en freelance, en tant que community manager ! Une aventure qui me booste, je n’en suis qu’aux prémices mais je sais déjà que cela va être passionnant ! Mais les débuts me font peur…comment se vendre ? Tes mots sonnent incroyablement justes pour moi… Pourquoi me choisir plutôt qu’un autre ? Et bien d’autres questions qui me taraudent… Mais la passion et la motivation l’emporteront sans aucun doute !
    En tout cas merci pour ce bel article, j’apprécie toujours de te lire !

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 31 min

      Hello Marion ! Je comprends tout à fait tes peurs et elles son légitimes mais l’avantage dans nos métiers, c’est que l’on peut utiliser les réseaux sociaux pour se trouver des missions : n’hésite pas à t’inscrire sur des groupes Facebook de CM qui relaient des offres quotidiennement et à faire un peu de veille sur Twitter ;)

  • Reply Amandine 16 décembre 2016 at 12 h 42 min

    Haaaa ! L’article que j’attendais impatiemment :-))
    Ça fait beaucoup de bien de te lire. Je me retrouve vraiment dans tout ce que tu dis. Être Freelance, c’est une véritable liberté mais elle a un prix. C »est l’une des décisions les plus importantes que j’ai prise dans ma vie jusqu’à aujourd’hui.
    Pour ma part, j’ai fais une rupture conventionnelle qui m’a permis de me lancer sans trop de stress, puisque j’ai bénéficié de l’indemnité chômage pendant 2 ans. J’arrive à la fin dans 6 mois, et c’est là, que le gros stress arrive = le grand bassin ! Cette période m’a permis de cumuler (partiellement) mes indemnités et mes revenus d’AE. C’était vraiment bien car étant photographe et graphiste, j’ai du investir dans du matos (sans vendre un rein !), des cartes de visite, un site… tout ça, tout ça… Puis j’en ai aussi profiter pour voyager (…) ! Au quotidien, je rencontre aussi pas mal de difficultés, de doutes, de stress (celui de la deadline financière), et cette fameuse procrastination ^^ ! J’ai beaucoup d’idées, mais ne sait pas toujours par où commencer… Ça m’arrive d’être bloqué, par la peur sans doute de ne pas y arriver…
    Heureusement, je suis très bien entourée, et je suis des nanas inspirantes et authentiques comme TOI, ce qui remonte franchement le moral et me donne la pêche !
    Puis pour rebondir sur l’authenticité, je suis à 1000% d’accord. J’ai choisi de ne pas tricher, d’être moi-même et franchement, ça passe ou ça casse, mais quand ça passe, c’est tellement génial ! J’ai fais des rencontres formidables, de belles personnes pour qui j’ai envie de travailler, me dépasser etc… Je vais m’arrêter car je pourrais écrire un roman sur le sujet, tellement l’expérience me passionne ! En tout cas, merci à toi pour ce partage <3

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 35 min

      Merci mille fois Amandine pour ton commentaire qui fait chaud au cœur ! Je te souhaite plein de réussite et d’épanouissement dans ton activité : je ne sais pas trop quoi ajouter d’autres parce que des moments de doute, tu en auras encore mais ils seront compensés par toutes les petites victoires de entrepreneuriat alors ça en vaut la peine :) Enfin « peine »… Non, l’insécurité plutôt ^_^

  • Reply Fanny A. 16 décembre 2016 at 15 h 47 min

    Merci pour cet article; je trouve ça encore plus intéressant d’avoir ton ressenti sincère plutôt qu’un manuel du pseudo-parfait freelance.
    Je ne fais pas partie de ce monde puisque j’ai toujours été salariée et je ne sors pas d’une formation de marketing digital à proprement parler, ton article est donc très enrichissant pour moi.
    J’aime être salariée pour le contact humain entre collègues/clients, mais j’ai l’impression de ne pas vivre à mon rythme et de passer à côté de choses, en gros de ne pas vivre en suivant mes envies ou intuitions. Mais l’aspect financier -précaire à certains moments- du métier de free-lance m’effraie beaucoup. Sans compter que vivre en province n’est sûrement pas un atout pour trouver des clients…
    En tout cas, merci d’avoir pris le temps de partager tout ça! Bon weekend!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 39 min

      Merci Fanny pour ton commentaire ; je suis sincèrement heureuse de lire que tu as aimé la direction que j’ai donné à cet article ^_^ Je comprends parfaitement tes craintes face à ce statut et pour la province, je ne sais pas si c’est si bloquant que ça : beaucoup de clients acceptent de ne voir leur freelance que par Skype et d’échanger avec lui par mail/téléphone. Après, c’est sûr que ça aide beaucoup d’être en région parisienne mais je pense que si l’on a quelque chose de chouette à proposer, il ne faut pas s’empêcher de se lancer à cause d’une histoire de localisation géographique ;)

  • Reply Aurélie 16 décembre 2016 at 17 h 12 min

    Coucou ! Merci pour ce retour d’expérience. Cela me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à ne pas être super efficace le matin. Je culpabilise beaucoup aussi… Surtout quand je me rends compte que je pourrai finir plus tôt de bosser pour faire du sport en fin de journée… Je suis bien d’accord avec le coworking. Ça aide de sortir un peu de chez soi :)
    Je suis contente pour ma part de m’être lancée en freelance ! La liberté vaut bien les petits et les gros tracas que l’on affronte… :) J’espère atteindre le cap des 3 ans et d’avoir le même bilan que toi que je trouve très positif !
    (Peut-être que je te croiserai chez Amami un jour car j’y suis allée il y a deux semaines et j’ai trouvé l’endroit super mignon)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 45 min

      Pareil, le nombre de fois où je me dis à la fin de la journée : tu vois, si tu n’avais pas traîné 2 heures ce matin, eh bien tu serais libre là et tu pourrais en profiter pour aller courir ou lire une bonne heure avant d’aller te coucher… Mais je crois sincèrement qu’il faut accepter son rythme – je veux dire, c’est quand même un sacré privilège ! Je te souhaite plein de jolies choses et au plaisir de te croiser chez Amami autour d’un gâteau :P

  • Reply Damien 16 décembre 2016 at 19 h 28 min

    Excellent article, un peu long, mais qui regroupe tout ou majorité des conseils qu’un freelance débutant peut (et AIME) recevoir !
    Je place en favoris, tout simplement car j’ai déjà lu ces conseils 100 fois dans différents articles, mais jamais avec autant d’implication personnelle de la part de l’auteur.
    On a vraiment l’impression de plonger dans ton quotidien où tu nous présente ta vie d’iPro, et ça… Pour quelqu’un qui se lance, je pense que c’est très important.

    Mes remarques sur ton post:
    – J’ai toujours cru, qu’il était préférable de commencer sa journée tôt le matin (et pour cause les différents articles que j’ai lu sur le sujet), mais je suis tout de même d’accord avec toi: L’hiver par exemple, je suis plutôt du soir ^^.
    – Tu dis qu’il ne faut pas hésiter à s’associer avec d’autres freelances de temps en temps, et cela me semble tout à fait normal mais… comment créé-tu ce genre de relations ?

    Damien, Pré-freelance presque épanoui

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 50 min

      Merci Damien pour ton commentaire :) Pour rebondir sur ce que tu as écrit, je crois qu’il est préférable de commencer sa journée quand ça nous convient le mieux en fait – si on ne le fait pas en tant que freelance, on ne le fera jamais. Nous n’avons pas tous le même rythme, la même façon de travailler, et globalement, je ne crois pas qu’il existe une méthode de travail meilleure qu’une autre : c’est à nous d’inventer celle qui nous conviendra, faire du sur-mesure et du flexible ! Concernant ta question, j’ai la chance d’être pas mal entourée d’indépendants grâce à mon blog notamment mais Hopwork, par exemple, organise régulièrement des événements pour que les freelances se rencontrent : n’hésite pas à t’y inscrire ;)

      • Reply Damien 20 décembre 2016 at 15 h 25 min

        Merci à toi Laëtitia pour ta réponse :)
        Oui, très juste comme remarque, et le sur-mesure… j’adore ça ^^
        Oui, j’imagine que ça aide, en effet. J’entends beaucoup parler de l’importance de se créer un site web ou un blog :). C’est vrai, hopwork est bien pour ça, malheureusement, il n’y a encore rien d’organisé près de chez moi, mais ça peut être un prétexte pour voyager aussi, à voir.
        D’ailleurs, pourrions-nous discuter un peu plus amplement sur ces sujets, en privé ?
        J’essaie de prendre note d’un maximum de conseils de professionnels avant de me lancer.

  • Reply Charlene 17 décembre 2016 at 2 h 10 min

    Étant en quelque sorte freelance mais à l’étranger, ca fait du bien de te lire. En effet, à nos débuts nous profitons un peu de cette liberté pour faire la grass’ mat, commencer nos journées qu’a 13h et puis on se rend vite compte que nos journées se finissent un peu trop tard, du coup le lendemain nous sommes un peu fatigué et moins productif… Meme en freelance c’est important de se faire un planning et essayer des respecter des horaires plus ou moins fixe. Il faut savoir gagner notre liberté aussi dans ce cas.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 55 min

      Je ne sais pas Charlène, ton commentaire sous-entend qu’il faut se lever tôt alors que finalement, en se levant plus tard (dans le cas où c’est notre rythme naturel) on décale bien-sûr son planning mais on n’est pas moins productif, bien au contraire. A mon sens, ça ne sert à rien de s’imposer des horaires de salarié si ça ne nous convient pas : on est pas devenu freelance pour ça ^_^ Après, je suis d’accord sur l’organisation, c’est important d’avoir un cadre mais encore une fois, je ne crois pas qu’il y ait de règles générales : en la matière chacun fait comme il veut pourvu qu’il travaille bien et soit heureux :)

  • Reply Anaïs 17 décembre 2016 at 6 h 02 min

    Un bel article sincère, réaliste et constructif. On s’y retrouve et parfois on prend conscience de certaines situations, faits ou comportements parce que tu as posé des mots dessus.
    Merci d’avoir partager ton expérience!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 55 min

      Merci beaucoup Anaïs pour ton commentaire :)

  • Reply Julie 17 décembre 2016 at 10 h 18 min

    Je ne suis donc pas la seule à mettre 3h à me mettre au boulot …
    Je bosse en tant que rédactionelle à mi temps et correspondante de presse depuis 3 mois maintenant, et je bosse seule. Au début c’était très perturbant, j’ai mis un moment à comprendre que je n’arrive à rien de concret le matin. Du coup, pour m’avancer, je fais mes taches ménagères (courses, ménage, linge…) et de la veille d’info le matin, et si j’ai un RDV, je préfère le faire le matin. Comme ça l’après-midi, je me cale à l’écriture, rédaction de planning (sur un agenda papier je mémorise beaucoup mieux)… Je suis bien plus efficace.
    Je crois que le secret dans ce genre de boulot, c’est de ne pas culpabiliser et de se faire confiance. C’est difficile au début. Parce que le matin tu te dis peut être que tu perds une heure à regarder ta série préféré en VO. Parce que tu dis que c’est peut être abuser que d’aller prendre l’air une heure avant de rédiger un article. Mais j’ai réalisé que, comme tu fais un boulot assez solitaire, tu as besoin de soupapes de décompression. Donc j’ai fini par m’y faire :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 57 min

      Je vois que l’on fonctionne plus ou moins de la même façon Julie et je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis, il faut se faire confiance et ne pas culpabiliser pour rien – surtout pas d’avoir un rythme différent de celui que l’on impose dans le monde du travail ^_^

  • Reply Macaroni 17 décembre 2016 at 11 h 10 min

    Merci beaucoup pour cet article, je pense que beaucoup de personnes hésite à se lancer réellement par manque d’information sur tout ce qu’il y a derrière ce statut (le rythme, l’organisation, la solitude du travail à la maison .. ou pas d’ailleurs). C’est super de pouvoir avoir des retours de ta part et puis sur une longue période.
    Merci pour ton travail cet article était très intéressant.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 8 h 58 min

      Merci beaucoup pour ton gentil commentaire, c’était vraiment important pour moi de vous tenir un discours vrai :)

  • Reply Sam 17 décembre 2016 at 11 h 57 min

    Ton article est intéressant, et tombe à pic car je fête mes 1 an de Freelance apres 5ans de CDI.
    Je dois avouer que mes conclusions ne sont pas les mêmes que les tiennes, c’est d’ailleurs ce qui est intéressant.
    Les points les plus importants pour moi c’est : avoir un bureau. Sans ça, je n’y arriverai pas, et moi qui suis la reine de la procrastination, je te promets que c’est un remède en or.
    Ensuite mon deuxième truc c’est la flexibilité, Je comprends ton point pour les retards de paiement et de faire payer une amende mais je crois que pour le moment je préfère faire preuve de compréhension et de patience et m’adapter au client tout en restant ferme bien sûr.
    Je crois que je pourrais en parler des heures encore, en tout cas c’est super intéressant d’avoir un avis différent !

  • Reply Laura 17 décembre 2016 at 12 h 26 min

    Wahou ! Merci beaucoup pour cet article sincère, complet, déculpabilisant et hyper interessant… Je m’apprête à me lancer également dans l’expérience free-lance, en complément d’un CDD à temps partiel et je me pose pas mal de questions… notamment sur les tarifs à appliquer. Ce sont des choses qui ne se disent pas trop et j’ai peur d’être complètement à côté de la plaque. Je pense que la meilleure chose à faire est d’enquêter dans mon réseau ?!
    Merci en tout cas !
    (Et bravo à ta grand-mère, la robe est sublime )

    • Reply Damien 17 décembre 2016 at 20 h 42 min

      Salut Laura,

      Etant à peu près dans ce cas, voilà le conseil que l’on m’a donné:
      « Faites une étude de marché! »
      ça aide à mieux s’y situer. Cependant, cela fait maintenant 2 semaines que je la remets constamment au lendemain… Je préfère l’action en général x’)
      Bien sûr le réseau, si tu connais déjà des gens expérimentant dans ton domaine, peut aussi se révéler d’une grande utilité. Et surtout ne pas hésiter à le faire! Je pense que je ne suis pas le seul à avoir tendance à considérer mon réseau comme joker, mais c’est un tord ;).

      Espérant que ma réponse puisse t’aider :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 00 min

      Coucou Laura, oui tout à fait n’hésite pas à enquêter autour de toi mais aussi à regarder les tarifs pratiqués par les freelances sur des plateformes de mises en relation clients/free et checker les baromètres aussi ;) Merci pour la robe ! <3

  • Reply Charlotte 17 décembre 2016 at 12 h 31 min

    Bonjour Laëtitia,

    Traductrice indépendante depuis mars dernier (mais ayant le statut d’autoentrepreneuse depuis plusieurs années), j’ai lu ton billet avec beaucoup d’intérêt. Bravo notamment pour ta confession sur tes horaires de prédilection, je suis un peu dans le même cas.

    Je voulais revenir sur le droit à la formation : l’autoentrepreneur a en réalité plus de droits que ce que tu sembles penser. La plupart ont, en échange de la CFP, droit au budget de formation du FIF-PL : http://fifpl.fr/ (fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux).

    Le montant alloué dépend du code NAF (ou APE) de ton entreprise (celui qui indique ton activité principale). Par exemple, les traducteurs et interprètes oont droit à environ 1000€ de budget par an pour des formations courtes, et 2000€ tous les trois ans pour des formations longues : http://www.pearltrees.com/cha_matou/devenir-traducteur/id14959055/item174870580

    En espérant que ça puisse être utile !

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 01 min

      Hello Charlotte, merci beaucoup pour tes précisions ! Je vais regarder tout ça et je ferai un edit de l’article en conséquence :)

      • Reply Mélanie 20 décembre 2016 at 11 h 51 min

        Bonjour,
        Je rebondis sur le commentaire de Charlotte et, de manière générale, sur les aides dont bénéficient autoentrepreneurs : le FIF-PL est en effet un excellent moyen de financer ses formations, mais il me semble qu’il est réservé aux professions libérales. Peut-être existe-t-il un système similaire pour les commerçants/artisans ? D’autre part, j’ai justement appris lors d’une formation qu’en tant qu’autoentrepreneur, il était possible de bénéficier de la prime d’activité (qui remplace le RSA activité), en fonction de son chiffre d’affaires. Un simulateur sur le site de la CAF permet de calculer le montant des aides. Ce n’est pas forcément élevé, mais cela reste un petit coup de pouce qui peut être utile…
        En tout cas, un grand merci pour cet article Laëtitia, en tant que freelance (traductrice également ;-) ) je me retrouve assez dans ton témoignage ! Tu fais bien d’insister sur le fait que les indépendants ont aussi le droit de prendre de vraies vacances, car c’est un point que j’ai quelque peu tendance à oublier…
        Bonne journée !
        Mélanie

        • Laëtitia
          Reply Laëtitia 20 décembre 2016 at 12 h 08 min

          Merci Mélanie pour ton commentaire hyper intéressant :)

  • Reply Maya Joys 17 décembre 2016 at 12 h 39 min

    Merci pour ce bel article réaliste et déculpabilisant ! Je suis toujours admirative du courage et de l’indépendance qu’il faut pour savoir mener sa barque freelance correctement au quotidien ! Je pense aussi à sauter le pas un jour…

    Maya Joys
    http://mayajoys.com/

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 06 min

      Je te le souhaite si c’est ce que tu veux ! ;)

  • Reply Eowine #FNWL 17 décembre 2016 at 16 h 51 min

    Merci pour cet article plein de conseils et de sincérité. Je suis actuellement en train de négocier une fin de CDI pour me lancer également. Mes deux expériences salariés ne m’ont pas du tout convaincu et je sens que j’ai besoin d’être mon propre chef. Je ne sais pas du tout où ça me mène pour l’instant mais advienne que pourra. Si l’envie est là il faut savoir la suivre et se donner les moyens, au moins essayer !

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 07 min

      Tout à fait :) Je te souhaite donc plein de réussite !

  • Reply Marilyn 18 décembre 2016 at 0 h 11 min

    Merci pour ce retour d’expérience hyper complet. Je viens moi-même de lâcher mon CDI dans lequel je ne m’épanouissais plus et j’envisage très sérieusement la possibilité de me mettre à mon compte. C’est donc exactement de genre d’articles dont j’ai besoin en ce moment pour m’aider à prendre ma décision ^^
    Félicitations à toi pour tes 3 ans et longue vie à ton projet !
    Marilyn

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 09 min

      Merci du fond du cœur Marilyn pour ton commentaire ! Et j’espère que tu trouveras ton bonheur dans le freelancing :)

  • Reply Annaëlle 18 décembre 2016 at 10 h 48 min

    Merci beaucoup pour ce super article, très représentatif de la vie de freelance! Je me suis lancée il y a tout juste 6 mois en tant que traductrice après 2 ans et demi en CDI, et ça fait beaucoup de bien de lire un retour d’expérience qui fait écho à ce que je vis au quotidien :)
    Et j’en profite pour te dire que j’aime beaucoup ton blog, très bien écrit et qui fait partie de mes pauses entre 2 unités de traduction :)
    Annaëlle

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 10 min

      Oh merci Annaëlle, ça me touche beaucoup <3

  • Reply Louisee 18 décembre 2016 at 16 h 57 min

    Bravo à tous les courageux(ses) free-lance que vous êtes !
    J’admire votre indépendance et votre volonte. Personnellement, j’en serais aujourd’hui totalement incapable : j’enchaîne les cdd, ce qui est assez précaire également, et me retrouve aujourd’hui au chomage, inquiète de cette situation instable alors que j’ai le luxe d’avoir des indemnités confortables.
    Et c’est en me retrouvant chez moi que je réalise que j’ai besoin d’un cadre, de contraintes horaires, de faire la démarche de me préparer pour aller au travail le matin, de faire un trajet matin et soir qui marque la frontière entre vie pro et vie perso, d’une stimulation et émulation d’équipe ! Chez moi je tourne en rond et rumine très vite (alors que j’apprécie de me retrouver en vacances quand je travaille, comme quoi tout est question de contexte aussi).
    Voila, je crois que je suis le seul témoignage d’une salariée pour l’instant ;)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 13 min

      Je comprends parfaitement Louise et c’est pour ça que je trouve important de ne pas tenir un discours manichéen type : la vie de freelance c’est bien mieux que la vie de salarié ; et c’est chouette que tu aies pris le temps de laisser un commentaire pour mettre en avant ce qui est adapté à ta personnalité dans le travail en entreprise :)

  • Reply Deborah 18 décembre 2016 at 20 h 30 min

    Je te remercie pour ton article très enrichissant. Je rêverais tant de passer freelance et ton retour d’expérience me permet de réfléchir à certains aspects auxquels je n’avais pas pensé ! Par contre, niveau personnalité, je pense clairement qu’être indépendante me correspond plus ! La difficulté, c’est de savoir par où commencer :)

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 15 min

      Merci Déborah pour ton commentaire ! Je crois que pour commencer, il suffit d’en avoir vraiment envie ;) Ensuite, c’est important d’avoir un petit matelas en cas de problème, un semblant de réseau et puis…. de la volonté : c’est déjà pas mal pour commencer ;)

  • Reply Aurelia 18 décembre 2016 at 23 h 32 min

    Tellement chouette cet article! Et tellement toi! je l’attendais avec impatience ;)
    Je me reconnais un peu trop bien dans le « Il y a des matins où je me lève laborieusement, où je traîne en robe de chambre devant mon ordinateur jusqu’à midi et où je sens la culpabilité me grignoter de l’intérieur. » Typiquement aujourd’hui, où j’ai l’impression d’avoir rien fait.. bon heureusement la journée (enfin le petit matin…) finit en beauté à la lecture de ton article, et me fait relativiser quant au syndrôme de l’imposteur. Ouf je ne suis pas la seule..!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 16 min

      Mow merci Aurélia <3 Eh non, nous ne sommes pas les seules, ça touche beaucoup beaucoup d'indépendants (et pas que !) ce fichu syndrôme !

  • Reply Aurelia 18 décembre 2016 at 23 h 33 min

    Au fait j’oubliais, mais tu connais cette théorie selon laquelle les gens qui procrastinent sont en fait de grands perfectionnistes et c’est pourquoi ils remettent à plus tard? C’est assez vrai me concernant en tout cas/!

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 19 décembre 2016 at 9 h 18 min

      Aaaah non je ne connaissais pas cette théorie mais elle peut clairement s’appliquer à moi aussi qui met toujours mille ans à démarrer la rédaction d’un article qui me tient à cœur de peur qu’il ne soit pas aussi bien que ce que j’imagine par exemple – c’est vraiment mon blog qui cristallise le plus ma procrastination et ça fait sens par rapport à ce que tu dis car c’est sur ce support que mon perfectionnisme s’exprime le plus !

  • Reply Elise 19 décembre 2016 at 19 h 59 min

    Merci beaucoup pour tout ces conseils ! Je viens de découvrir ton blog et je le trouve trop beau !

    A très bientôt

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 20 décembre 2016 at 12 h 01 min

      Merci Elise et à bientôt :)

  • Reply Links I Love #126 - Whatever WorksWhatever Works 20 décembre 2016 at 10 h 01 min

    […] […]

  • Reply Mélanie 20 décembre 2016 at 11 h 51 min

    Bonjour,

    Je découvre ton blog, et je trouve ton article très inspirant !
    J’aimerais être freelance pour toute les bonnes raisons que tu donnes, mais c’est vrai que c’est difficile de se lancer quand on ne sent pas forcément compétente et/ou légitime.

    • Laëtitia
      Reply Laëtitia 20 décembre 2016 at 12 h 31 min

      Merci Mélanie pour ton gentil commentaire ! Il faut combattre le syndrome de l’imposteur, ce n’est jamais définitivement gagné mais petit à petit on apprend à le dompter ;)

  • Reply Aurore 20 décembre 2016 at 17 h 20 min

    Merci pour cette article super instructif ! Je pense me lancer en FreeLance en Janvier et du coup, je me pose beaucoup de questions sur les tarifs. Est-ce que tu aurais un site à me conseiller pour trouver ces infos ou un groupe Facebook où je puisse poser ce type de questions ? Se serait pour des missions en communication/marketing.

  • Reply Florie 20 décembre 2016 at 19 h 25 min

    Merci beaucoup pour ce bel article positif et honnête! Quand on ne connaît personne dans le milieu freelance et qu’on ne sait pas par quel bout s’y prendre, c’est un peu rassurant de lire ton article qui rend les choses plus abordables, possibles.

    De mon côté j’ai quitté mon CDI il y a quelques mois et je profite des indemnités chômage pour travailler sur d’autres projets qui me tiennent à coeur (à défaut de me rapporter de l’argent).

    Par contre je t’avoue que je n’ai jamais songé à me lancer en freelance, simplement parce que je suis introvertie et très mal à l’aise avec l’idée de « me vendre ». J’ai toujours imaginé que je n’avais pas la personnalité extravertie et sociale nécessaire pour réussir à trouver des clients et maintenir un réseau. Du coup je te remercie du fond du coeur parce que tu montres qu’il n’y a pas de « profil » et qu’on peut rester soi-même :) Je ne sais pas si je vais me lancer pour autant mais merci pour cette perspective différente en tout cas!

  • Reply Etsy Resolution - Eleusis Megara 12 janvier 2017 at 8 h 01 min

    […] et j’ai eu un aperçu de ce qu’était l’entrepreneuriat avant même de savoir que je remettrai le couvert quelques années plus tard, différemment cette […]

  • Reply La Chouette Echoppe 13 janvier 2017 at 14 h 11 min

    Merci pour ce long article que j’avais enregistré il y a des jours et des jours et que j’ai enfin pris le temps de lire intégralement.
    Tu rappelles des bases importantes sur comment gérer son activité en solo, c’est top.
    Et tu me rassures un peu car depuis Noël, j’ai du mal à me motiver et je procrastine énormément. Grâce à toi, je me dis que je ne suis finalement pas seule, et que j’ai sans doute besoin de ça pour mieux rebondir et booster dans les semaines qui viennent !

  • Reply En liens cette semaine #27 – L'océan de la vie 16 janvier 2017 at 13 h 51 min

    […] et prend doucement place dans le réel. Du coup, je suis friande et j’adore pouvoir lire des expériences de vie de freelance, récemment le bilan de 3 ans de […]

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